BUHENDWA ELUGA ESSY

18 juin 2010

Qui vous ressuscitera?

« Ordonnance no 21/428 du 17/12/1953 fixant  le nombre, les dénominations, les Chefs-lieux et les limites des Districts de la Province du Kivu

La Province du Kivu est divisée en trois Districts dénommés et délimités comme suit :

I-                    District du Nord-Kivu

Chef-lieu : Goma

Au nord : les limites de la Province

A l’est : la frontière du Congo Belge

Au sud : la rive Nord du Lac Kivu jusqu’au Détroit Kateruzi (…)

II-                  District du Sud-Kivu

Chef-lieu : Bukavu

Au nord : la LUGULU depuis son confluent avec la BENZA jusqu’à son confluent avec la LUKOLIA (…) La limite du Nord-Kivu (…)

Territoire de Goma

Chef-lieu : Goma (…)

Au sud : la rive Nord du Lac Kivu

Territoire de Kalehe

Chef-lieu : Kalehe

Au nord : les limites du District

A l’est : les limites de la Colonie »

La Politique de toute entité lui étant dictée par sa Géographie, celle du Kivu de 1953, nous conduit à revisiter certaines thématiques qui peuvent être mises au service d’un nouveau regard sur les implications socio-économiques et les répercussions politico-géostratégiques de notre Province, appelée ou dénommée, à tort, Sud-Kivu.

Cette ordonnance du Gouverneur Général, Monsieur Pétillon, définit, expressis verbis, les contours, les limites, les bornes de notre actuelle Province  et, à ma connaissance, aucun autre texte, de portée générale, n’a modifié ces limites d’une entité passée de District, en Sous-Région puis en Province. Mine de rien, cette Ordonnance consacre l’appartenance du Lac Kivu qui, par onomastique  et par antonomase, donne une identification à cette aire particulière, singulière, spécifique  du Congo qu’était le District du Sud-Kivu devenu notre Province.

L’histoire, depuis la Conférence de Berlin, nous avait accordé l’île d’Idjwi qu’administrait Kigeli IV Rwabugili et l’administration coloniale belge nous a accordé ce Lac à telle enseigne que le Nord-Kivu ne possède aucune goutte de ce lac pour lui, étant donné que ses limites au Sud sont la « la rive nord du lac Kivu jusqu’au Détroit Kateruzi »

L’élection de Monsieur Cishambo Marcellin, en qualité de Gouverneur d’une Province dont il devient le troisième Chef de l’Exécutif  en moins de 5 ans, est le signe manifeste d’une certaine spécificité de cette entité aux contours imprécis, aux enjeux indéfinis et aux défis infinis. Il va falloir soit lui créer un rêve, soit lui définir une identité à partir de ses entités, soit continuer à en faire un « proconsulat » écartelé entre les appétits de Politiciens de Kinshasa et ceux des Commerçants de Dar es Salaam, Nairobi, Kampala, Kigali et Bujumbura.

Les débats qui agitent la classe politique sur les vingt-cinq provinces que prévoit la Constitution ne concernent que très partiellement, très peu, très parcellairement, le Sud-Kivu. Et pourtant, il faut ressusciter la Province du Kivu, non dans ses limites anciennes mais dans un « signifiant » qui puisse mettre en valeur les atouts d’un Lac qui donne le nom à une Province qui n’existe plus, qui n’existe pas. L’enjeu est de taille et il faudrait bien partir de cette communion entre le signifiant et le signifié pour créer un cadre de mise en œuvre de politiques nouvelles tenant compte des atouts de la Géographie et de l’Histoire pour lui tracer un Destin. Cet article se propose de lancer un débat sur la résurrection de la Province du Kivu en abandonnant la dénomination actuelle de « Sud-Kivu » mais aussi en se définissant comme une « Province-Etat » du fait de sa particulière, singulière et spécifique géographie. Cela pousse à penser passer, nécessairement, par une ACTION POLITIQUE VOLONTARISTE (A), une VISION ECONOMIQUE ET SOCIALE REALISTE (B) et un RENOUVELLEMENT TOTAL DES PERSPECTIVES CULTURELLES (C)

A- UNE ACTION POLITIQUE VOLONTARISTE

Le Kivu à ressusciter ou à inventer doit être celui qui se conçoit comme une entité aux identités plurielles dont les synergies convergentes doivent conduire à adopter ou à adapter des Politiques  publiques résolument dictées par sa formidable géographie.

Effectivement, la Géographie du Kivu, au cœur de l’aire swahilie, en fait un passage obligé entre la Communauté de l’Afrique de l’Est et le Congo. Se déversant dans le Tanganyika par le truchement de la Ruzizi, le lac Kivu permet à la Province d’envisager des coopérations économiques ou des zones de libre échange quand ce n’est pas un « marché économique » avec les autres Provinces autour des deux lacs et de la Rivière Ruzizi. Ceci ne peut provenir que d’une action politique volontariste bousculant les idées reçues, les situations acquises, les alliances, les adhérences et les adhésions diverses et adverses qui se nouent ou qui se jouent dans cette aire où les « prêt-à-porter » idéologiques, culturels ou politiques permettent difficilement de changer le « logiciel » hérité de la Colonisation mais aussi des visions qui ont sévi juste après l’accession aux « indépendances du drapeau » (uhuru wa bendera, flag independance) pour rappeler la jolie expression du très regretté Julius Kambarage Nyerere.

L’action politique volontariste doit pousser à penser Bukavu en capitale, à l’instar de Bujumbura et Kigali et créer, concomitamment, deux autres villes qui seraient Uvira et Luvungi-Lubarika-Kamanyola à laquelle on donnerait le nom de « Luvuluka »[1]. En lui dotant d’une Université, d’un Aéroport qui se situerait entre Bukavu-Kamembe et Bujumbura-Uvira, Luvuka, sur les bords de la Ruzizi, permettrait l’essor d’une zone de libre-échange qui favoriserait le rôle de battant, pivot ou charnière du Kivu situé au cœur d’un réseau de Provinces internes au Congo (Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika) ou frontalières du Congo (Kigoma, Kagera, Bujumbura rural, Bujumbura, Cibitoke, Ouest).

Le volontarisme politique du Kivu doit faire effacer la mauvaise image du politicien kivutien faisant de sa Province un tremplin pour la conquête d’un pouvoir secondaire, auxiliaire et ancillaire à Kinshasa quand il ne se comporte pas en « Proconsul » attendant les ordres de Kinshasa.

L’action politique volontariste du Kivu doit pousser ses élites, ses bourgeoisies bureaucratico-administratives, ses décideurs économiques à accepter d’adopter et d’adapter les « Politiques Publiques » qui marchent bien au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, au Kenya et en Uganda au lieu de se coller à des pratiques irréalistes, à des usages surannés importés de Kinshasa[2].

Globalement, une action politique volontariste basée sur des bases idéologiques fermes, devrait permettre de réaliser ce qui suit :

·         Affirmer l’adhésion, l’adoption, l’attachement au « Socialisme africain » (Ujamaa) en l’expurgeant de toutes les scories qui sont à l’origine de quelques ratés en Tanzanie.

·         Définir les contours et un contenu réalistes à l’Humanisme afrocentriste en affirmant, en paroles et en actes que « Binadamu wote ni sawa, Afrika ni moja »

·         Combattre, énergiquement, la Corruption, les Malversations dont les conséquences sont la persistance de l’Ignorance, la Faim, la ?aladie et toutes les formes corrélatives que sont l’Oppression, l’Exploitation et le Mépris.

·         Imposer la « Défence et l’Illustration des Langues Ethno-tribales les utiliser pour la définition, la délimitation de nos terroirs et de nos territoires. Après tout, une langue,  chaque langue, toute langue forge une identité, une identité peut et devrait fonder une entité.

·         Détruire toutes les barrières qui entravent les liens avec les Provinces congolaises du Nord-Kivu, du Maniema, du Katanga mais aussi celles de nos voisins tanzaniens (Kigoma, Sumbawanga, Kagera), burundais (Nyanza Lac, Bujumbura rural, Bujumbura, Cibitoke) et rwandais (Ouest)

·         Œuvrer, hardiment, à la création d’une « Communauté des Etats Swahili » ou de la « Ligue Swahili » ou de la « Communauté des Provinces du Bassin de la Ruzizi » en mettant en valeur les concepts liés aux Lacs Kivu et Tanganyika, à la Rivière Ruzizi et à l’appartenance à l’Univers Swahili.

Ce volontarisme politique va, naturellement, de paire avec une vision économique et politique réaliste qu’il faut, nécessairement, mettre en musique, mettre en marche, en profitant des atouts de la Géographie, des contingences de l’histoire, de la nouvelle marche d’un monde nouveau où la « glocalisation » nous oblige de penser globalement et d’agir localement, en ayant toujours à l’esprit qu’il faut penser à demain en se souvenant d’hier.

B- UNE VISION ECONOMIQUE ET SOCIALE REALISTE

La quotidienneté de la vie en Afrique Orientale et des Grands Lacs étend une onde de choc dans tout le Kivu, à telle enseigne qu’on ne peut plus penser une vie économique et sociale du Kivu sans référence à cette Communauté qui nous entoure et nous enserre dans un réseau d’échanges à l’Ouest de l’Océan Indien.

Sous l’éclairage des choix politiques et idéologiques que j’ai esquissés ci-dessus, il convient d’opter, entre autres, pour les choix suivants :

·         Créer une « Zone de Libre Echange » dans le cadre des « Provinces du Bassin de la Ruzizi »

·         Adopter, adapter les Politiques et Pratiques économiques, administratives, financières et fiscales de la Communauté de l’Afrique de l’Est au lieu de les subir passivement et presque fatalement.

·         Constuire quatre Grands Ports sur nos deux lacs (Tanganyika et Kivu) à Uvira, Bukavu, Idjwi et Goma, soit respectivement sur la rive Nord du Lac Tanganyika, les rives Sud et Nord du Lac Kivu mais aussi sur l’Ile d’Idjwi, la plus grande île de l’Afrique continentale.

·         Construire un Chemin de Fer entre Kalundu et Kamanyola, sur son ancien tracé, pour créer un terminus et un « hub » dans la ville nouvelle de « LUVULUKA », au lieu de jonction entre les anciens royaumes du Bushi, Bufuliru, Burundi et Rwanda, en ce lieu magique où la Ruhwa et la Luvinvi se jettent dans la Ruzizi, reliant le lac Kivu au Lac Tanganyika.

·         Construire une « Gare Routière Centrale » à Bukavu, à l’instar de NYABUGOGO (Kigali, Rwanda) et de UBUNGO (Dar es salaam, Tanzanie) mais aussi une Gare Routière dans chaque « Centre » d’une certaine importance pour faire converger les réseaux de transport internationaux, nationaux et interprovinciaux à un seul endroit d’où partiraient, aussi, les dessertes envers les contrées provinciales ou internationales.

Cette vision économique et sociale réaliste doit se coupler avec un renouvellement complet de nos perspectives culturelles et sociales pour construire une société assise sur la diversité culturelle et sur le respect de l’humain dans tous ses aspects.

C-UN RENOUVELLEMENT TOTAL DES PERSPECTIVES CULTURELLES ET SOCIALES

La situation géographique du Kivu la fait jouxter avec les trois seuls pays d’Afrique où les « langues africaines » jouissent d’une considération admirable et d’une utilisation dans tous les secteurs de la vie. Le Kiswahili de la Tanzanie, le Kirundi et le Kinyarwanda sont un exemple à imiter pour susciter un intérêt pour nos langues ethno-tribales dont certaines (Mashi, Kilega…) sont parmi les langues congolaises ayant un plus grand nombre de locuteurs.

Le renouvellement de notre « logiciel idéologique et culturel » s’impose, dès lors, en procédant aux mesures, entre autres, qui suivent :

·         Faire de chaque « langue ethno-tribale » parlée au Kivu, une langue d’enseignement, d’éducation et de formation tout au long de la vie.

·         Créer une Bibliothèque spécifique et un Musée dans entité et identité ethno-tribales.

·         Lutter pour faire réviser les articles 1 et 2 de la Constitution du 18 02 2006, dans certaines de ses dispositions relatives aux langues et à la dénomination des Provinces, pour accorder le statut de « Langue Nationale » à toute langue parlée par un minimum de un million de locuteurs et exorciser l’idée néocoloniale que recouvre l’expression « langue officielle » accordée à la langue coloniale qu’est la langue française.

·         Sur la base des langues, cultures, entités et identités ethno-tribales mais aussi en raison de la vigueur et de l’expansion de la Lingua franca qu’est le Kiswahili, œuvrer à l’harmonisation des concepts politiques, administratifs, culturels, économiques, fiscaux et financiers sur toute l’aire swahilie.

·         Exiger un recensement linguistique sur l’étendue de notre Province pour identifier celles qui pourraient bénéficier du statut de « langue nationale »

·         Mettre en place un système d’Allocations Familiales, de Mutuelles de Santé pour aboutir à la gratuité des soins et de l’école pour plus de 75% de la population de notre Province

·         Garantir le paiement des salaires à échéance en les alignant sur l’indice des prix par la définition d’un « Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance » (SMIC)

·         Recenser les Indigents, Handicapés et Victimes des Violences liées aux guerres cycliques ayant endeuillé le Kivu pour créer un « Revenu Minimum de Survie » (RMS) et créer des Structures d’accueil financées par la Province et le Territoire.

·         Mettre en place un système des Bourses d’Etudes destinées aux Enfants d’Ouvriers et de Paysans habitant en dehors des Villes ou des Cités.

·         Créer un corps d’Assistantes Sociales s’occupant, essentiellement, des questions dérivant des dysfonctionnements sociaux, des brisures des trajectoires individuelles et/ou de retombées économiques néfastes.

Ressusciter le Kivu ou en  inventer un nouveau pousse à donner un contenu spécifique qui réponde aux aspirations profondes de nos compatriotes et qui tienne compte de nos particularités et de nos singularités dictées par notre Géographie et notre Histoire. C’est un défi à la raison justifié par un engagement humaniste et socialiste plaçant l’être humain (mtu)  au centre de tout échafaudage d’un quelconque projet destiné à améliorer sa quotidienneté et à lui ôter les chaînes qui les ligotent dans la misère, la maladie et l’ignorance. Croire, effectivement, que « Afrika ni moja, Binadamu wote ni sawa » doit nous pousser à adopter un nouveau regard sur nos voisins, sur nous-mêmes en considérant beaucoup plus « maendeleo ya watu, sio ya vitu tu »


[1] L’espace entre Luvungi, Lubarika, Kamanyola est celui aux confins d’anciens et puissants royaumes du Bushi, du Bufuliru, du Rwanda et du Burundi. La population de cet endroit est appelée souvent « Bavuluga » par les Bafuliru voulant dire, par là, ceux qui mélangent plusieurs langues et cultures.

[2] Je pense ici aux pratiques telles que l’interdiction du sachet au Rwanda, le rôle du Kiswahili dans l’administration tanzanienne, l’efficacité du système de la collecte des impôts et taxes du style « Rwanda Revenue Authority, Tanzania Revenue Autority et/ou Kenya Revenue Authority.

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Ces dix K qui vous concernent

Ces dix «K» qui vous comptent

Par Buhendwa Eluga Essy[1]

                        L’opération lancée, en début de l’année dernière, par les forces armées rwandaises et congolaises pour traquer les forces négatives  à l’Est de

la République

Démocratique

du Congo a été différemment appréciée sur les deux bords, les deux rives du Kivu, et au sein de la classe politique et au sein des populations du Kivu méridional et septentrional. Et pourtant, signe manifeste du réchauffement des relations entre les Pays du Bassin de

la Ruzizi

, cette opération nous pousse à nous poser des questions sur ses répercussions personnelles ou ses implications sociétales autour des destins politiques des  10 «  K »  ( Kagame, Kabila, Kengo, Kamerhe, Kivu , Kigali, Kampala, Kinshasa, Kibaki, Kikwete). Ce petit article s’efforcera de jeter un regard prospectif- et pas du tout prophétique- sur chacun de ces cas individuels ou collectifs.

  1. KAGAME

                       En acceptant l’arrestation de NKUNDABATWARE et l’envoi officiel des troupes rwandaises aux côtés des Congolaises, le Chef de l’Etat rwandais ne s’est fait ni violence ni hara-kiri. Il a déjoué le piège qui se fermait autour de lui et décrispé du coup, les relations nuageuses voire orageuses qui s’annonçaient avec les diplomaties euro –américaines et africaines. Seul maître à bord sur une scène politique rwandaise privée de mémoire, de nostalgie (génocide oblige) pétri d’espérance mais coincé dans un environnement régional où les horizons lui sont bouchés, Kagame desserre les verrous qui commençaient à l’enferrer et l’enfermer dans la gestion quotidienne des problèmes de l’Est du Congo par CNDP et NKUNDA interposés.

                       Chef d’un Etat coincé entre les deux plus Grands Pays Swahiliphones (RDC et Tanzanie) et deux Etats voisins et cousins car sociologiquement semblables au Rwanda (Burundi et Uganda), Kagame a besoin d’espace économique et d’horizon politique qui lui sont impossibles sans une franche collaboration avec les Pays de NYERERE et LUMUMBA.

                        Le destin politique de KAGAME est inscrit dans des relations équilibrées sur l’axe KINSHASA-KIGALI-DAR ES SALAAM (ou Dodoma).Cet axe est, assurément, plus sécurisant que l’axe Bujumbura-Kigali-Kampala tant les enjeux démographiques, économiques et politiques sont sans commune mesure avec le précédent axe. De surcroît,

la Tanzanie

et le Congo sont les seuls Pays qui ont des frontières (donc des liens directs) avec eux-mêmes mais aussi avec chacun des Pays des deux axes précités. N’oublions jamais que

la POLITIQUE

et l’ÉCONOMIE d’un Pays lui sont dictées par sa Géographie alors même que son Histoire lui trace son Destin.

A l’issue de cette opération conjointe avec le Congo au niveau des forces  armées, quelque grogne que cela ait suscité au niveau du Parlement Congolais, occasionnant le départ précipité de Kamerhe du perchoir de l’assemblée, Kagame joue gagnant et franc jeu. Il a les coudées franches, son horizon s’éclaircit, les lendemains chantent. En est-il de même pour KABILA ?

2. KABILA 

               

                En acceptant l’entrée, en catimini, des troupes rwandaises au Congo et  en refusant de voir examiner le cas NTAGANDA quant à son mandat  d’arrêt lancé par les instances judiciaires de

LA HAYE

, Joseph Kabila s’est enfermé dans un piège. Les raisons de REALPOLITIK invoquées pour les besoins de

la PACIFICATION

des KIVU ont choqué les consciences. Même si

la Politique

n’a pas besoin de la loi morale (ou même de loi au sens juridique, tout court), il faut bien, il vaut mieux, en tenir compte dans une contrée (ITURI, KIVU) où les impunités cycliques et successives choquent et font déchanter d’une justice sociale.

                 Maître contesté d’une scène politique pleine à craquer de Nostalgiques du MOBUTISME et des caciques du Kabilisme paternel, Joseph Kabila joue sur une scène politique incertaine dont il est le seul représentant du rajeunissement et du renouvellement. A la tête d’un Parti- PPRD – aussi incapable de se réformer que de s’affirmer, Kabila donne l’impression d’un Capitaine conduisant un bateau ivre, sans cartes, sans boussole et encore moins, sans radar ; naviguant à vue, tanguant à bâbord et à tribord. Le manque de «  cap idéologique » pour un parti dont il n’est encore et toujours que l’initiateur, l’inexistence d’une «  Organisation rationnelle » du PPRD et de l’AMP, font du Chef de l’Etat congolais un homme froid et calculateur, l’idéal politique d’un réel économique et social congolais en total décalage avec des potentialités d’un Pays aussi riche que vaste, préférant et substituant, souvent, le slogan à l’analyse.

                 Le destin politique de KABILA est dans cette affirmation sans cesse croissante de l’image d’un Homme d’Etat intelligent dont la jeunesse n’exclut  pas la compétence dans la maîtrise des dossiers. Entouré de « dinosaures » de la 2ème République ou d’Apparatchiks avides de savoir, d’avoir et de pouvoir, il devrait comprendre que ceux qui ont trahi MOBUTU le trahiront aussi. Remettre en scelle et sur la scène politique, des hommes et femmes qui devraient être en Prison pour avoir ruiné

la République

et s’être enrichis, personnellement et sans cause, paraît être une erreur politique et de casting.

                 La résurgence, la récurrence, la résurrection des  méthodes mobutistes ne sont que la traduction de cette volonté de changement sans changement, de reconstruction sans volonté politique affirmée. Et quand, pour couronner le tout, on se dote d’un PARLEMENT-CHAMBRE D’ENRESISTREMENT présidé, il y a peu, par un « apparatchik» mobutiste, les chances du Renouveau sont minces, minimes et hors de portée d’une génération d’hommes et de femmes attendant une espèce de « parousie » depuis les larmes de crocodile de Mobutu en 1990.

C’est que la morosité ambiante, le désenchantement d’une jeunesse privée de mémoire et d’espérance s’expliquent par le fait que des trois Présidents[2] (République, Assemblée Nationale, Sénat) et « Présidentiables» prononcés, aucun n’est plus nouveau et aucun ne peut prétendre ne s’être nourri soit à la mamelle du Mobutisme et du Kabilisme. Et ce n’est, certainement pas, KAMERHE qui pourrait incarner ni un esprit de changement, ni une perspective de Reconstruction, ni l’ombre du début d’une esquisse de changement dans les méthodes et les pratiques. D’où une interrogation, sur cet homme.

3. Kamerhe

                 L’ancien  Président de l’Assemblée Nationale, ancien Secrétaire Général du PPRD, plusieurs  fois ministre, principal négociateur des Accords de Sun City, est un homme coincé entre les destins croisés de Kabila et de Kengo. Originaire du Kivu, il n’a vécu qu’à Kinshasa et ignore tout de l’Afrique Orientale et des Grands Lacs. Il est certainement, un de ces hommes qui font du KIVU leur marchepied, leur tremplin pour une ascension politique dans un rôle auxiliaire voire ancillaire à Kinshasa.

Principal négociateur dans la conférence mal conçue, mal conduite et mal conclue de Goma, Kamerhe assiste, impuissant, aux évolutions politiques en cours entre le Rwanda et le Congo mais aussi dans toute l’aire d’expansion dans

la Civilisation

bantu délimitée par l’expression du Kiswahili qu’est l’Afrique Orientale et des Grands Lacs.

                  Ancien Président d’une Assemblée Nationale devenue caisse d’enregistrement et de résonance d’une politique aussi cacophonique qu’incohérente, Kamerhe cultive à merveille, l’art de l’unanimisme mou, de l’équilibrisme et de la tiédeur idéologique. Après 28 mois à la tête de cette Assemblée, aucun engagement politique certain impulsé par quelque proposition de loi que ce soit n’est apparu. Les réformes annoncées incantatoirement n’ont jamais vu l’ombre du début d’une esquisse de réalisation. La vie économique et sociale n’a connu une réelle amélioration que pour les seuls Parlementaires qui, acceptant corruption et compromissions, n’ont pesé aucunement sur le changement nécessaire de la vie qui aurait pu et dû se produire.

                   Le destin politique de Kamerhe tient dans l’éventualité d’une série de hara-kiri politiques des Mobutistes ou dans un suicide politique d’une catégorie de

la Bureaucratie

« politico-administrative » congolaise ayant vécu des prédations, concussions, corruption et méthodes véreuses. Sans jouer aux Cassandre ni faire œuvre de conjecture, on peut aisément s’imaginer une scène politique chamboulée par la dissolution de l’Assemblée Nationale suivie d’un réaménagement de la scène politique où Kamerhe jouerait son va-tout ou prendre la porte de sortie tant les ambitions de KENGO, des Mobutistes et Kabilistes impénitents ne laisseront pas à Kamerhe le rôle d’Exécuteur testamentaire du Mobutisme et du Kabilisme. Après tout, Kengo n’a pas encore dit son mot, encore moins son dernier mot.

4. KENGO

                   Homme-clé du MOBUTISTE et de ses métamorphoses, Kengo doit sa résurrection politique aux inconséquences du Kabilisme paternel. Truculent, rompu à l’art de la combine et des manœuvres, Kengo est un homme d’une intelligence froide. Le destinataire du « MOKOLO TONGA » de Luambo Makiadi jouit d’un magistère intellectuel que lui contestent peu de Mobutistes. Ayant bénéficié des faveurs de l’actuel archevêque de Kinshasa, Mgr MONSENGWO Pasinya, Kengo règne sir un Sénat dont le rôle laisse à désirer dans une vie parlementaire marquée, essentiellement, par l’aura des « bénis oui-oui» et autres « yes men ».

                  Ancien Premier Ministre de l’ère Mobutu, Kengo  est un de ces hommes politiques Congolais dont les parentés et filiations idéologiques sont difficilement cernables. Ce juriste à droite de

la Gauche

et à gauche de

la Droite Congolaises

sous Mobutu ne connaît l’Afrique Orientale et des Grands Lacs que par les origines dites et supposées rwandaises  de sa mère.

Dans les convulsions actuelles pour la naissance d’un Nouvel Ordre Politique en Afrique Orientale et des Grands Lacs, Kengo semble être un homme dépassé, un homme du passé. Numéro deux de l’ordre institutionnel congolais, Kengo attend, froidement, que Kabila trébuche pour qu’il monte sur un PODIUM pour lequel il piaffe d’impatience. Il ne lui reste qu’une seule marche et sur ce point, il a une longueur d’avance sur Kamerhe.

                Le destin politique de Kengo se lit dans le passé, dans son passé. Comment peut-il, constamment, à son âge, envisager l’avenir sans avoir les yeux tournés vers le passé ? Que peut-il encore proposer au Congo quand toutes ses politiques de réforme, tous les « Programmes d’Ajustement Structurel » imposés par le FMI et

la Banque

Mondiale

ont échoué ? Que peut –il proposer de nouveau à une jeunesse dont l’horizon est bouché du fait de ses politiques conduites à l’encontre de tout bon sens, de réalisme politique et de prévision économique ?

                Sur une scène nationale et dans un cadre régional où le Kivu est appelé à se réformer et à s’affirmer, Kengo paraît être totalement inopérant, particulièrement inefficace, à l’heure où les langues, les entités et les identités se définissent par rapport à l’anglais, au français et, surtout, au KISWAHILI . Ce fils de l’Equateur, habitué à Kinshasa, aux dorures et aux lambris, ne connaît le KIVU qu’en tant que Province périphérique alors que le KIVU est, réellement au centre de l’aire nouvelle en gestation.

5. KIVU

               S’il ne veut pas se dissoudre dans un ensemble national ou se liquéfier sur la scène régionale de l’Afrique Orientale et des Grand Lacs, le Kivu doit s’unifier. Demeurer 2 Provinces périphériques  d’une lointaine capitale, s’enfoncer  dans le rôle de marchepied, de prodrome ou de tremplin pour la conquête du pouvoir politique à Kinshasa, ne sied pas à deux Provinces aux identités et aux potentialités similaires.

               Bien plus par les Pays frontaliers au KIVU  et, donc au Congo,  le Kivu doit jouer à fond sa carte de battant, charnière entre l’Afrique Orientale et l’Afrique Centrale. A tout seul le KIVU est frontalier de

la Zambie

, de

la Tanzanie

, du Burundi, du Rwanda, de l’Uganda et presque, car proche, du KENYA et du Soudan. Aucune autre Province du Congo ne réunit ces atouts frontaliers- et donc d’échanges commerciaux- sans évoquer ses autres richesses minières agricoles et touristiques.

               Le Kivu doit se fonder sur ses propres identités ethnolinguistiques (Banade, Bashi, Balega, Babembe, Bafuliru, Bahunde, Banyindu, Bavira, etc…) pour exiger un « STATUT à

la Zanzibar

» qui lui permette d’harmoniser ses politiques publiques avec les Pays de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est. Le Kivu peut aussi demander un STATUT SPECIAL au sein de cette Communauté pour échapper à un statut de marché et de dépotoir des produits de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est.

 

               Le destin politique du KIVU passe nécessairement par un réaménagement de son statut lui accordant un statut « à

la Zanzibar

» en raison de ses spécificités au sein de l’Etat Congolais. Cela lui permettrait de sortir d’un rôle périphérique à l’égard de toutes les Capitales (Kinshasa, Kigali, Kampala, Nairobi et Dar es Salaam).  Développant un axe Uvira- Bukavu-Goma- Butembo fonctionnant sur une intensification des relations aériennes, lacustres et routières sur l’axe central Bukavu-Goma, le KIVU desserrera l’étau qui s’est noué autour de lui et sortira de son isolement et de sa périphéricité.

               Un KIVU réunifié occupant le versant occidental des Grands Lacs avec une population supérieure à celle de chacun des Pays à ses frontières (exceptée

la Tanzanie

), avec une économie dynamique profitant à fond des Exportations et Importations sur les lignes Mombasa-Butembo-Goma d’une part, et Dar es Salaam-Uvira–Bukavu d’ autre part, permettrait au Congo de relier

la Cuvette

Centrale

à l’Afrique Orientale et des Grand Lacs. Quand on sait ce que sera demain l’aire Swahili et qu’on s’imagine que le Kivu est au centre de cette aire, on ne peut pas se contenter d’un rôle proconsulaire, périphérique, enclavé. Le cadre actuel de l’échelle Constitutionnelle Congolaise permet au KIVU de s’unifier, avoir un seul Parlement, un seul Exécutif provincial qui peuvent siéger, alternativement, à Bukavu et Goma, suivant des ajustements dont le Personnel Politique  pourrait discuter.

             L’Economie de l’Afrique de l’Est et celle du CONGO convergent au KIVU. Il faut en tirer les conséquences politiques qui, seules, permettront les régulations démographiques qu’attendent les petits pays densément peuplés que sont nos voisins rwandais et burundais. C’est, certainement, cette redéfinition du rôle et du statut du KIVU qui fera réfléchir par deux fois Kigali dans sa fuite en avant et ses yeux de Chimène pour l’anglophonie,

la Communauté

de l’Afrique de  l’Est et le Commonwealth.

6. KIGALI

             La capitale du Rwanda, située à équidistance, entre ses frontières avec le CONGO et avec

la Tanzanie

, entre Kampala et Bujumbura, est la ville  la plus dynamique dans l’aire du KIVU, du Rwanda et du BURUNDI. Kigali a le vent en poupe et se sent pousser des ailes. Dépendante de Mombasa et de Dar es Salaam pour ses importations et exportations, elle aura besoin de Goma, Bukavu et Bujumbura pour son rayonnement et son expansion.

             Son urbanisation et sa  Swahilisation corrélative, dans une aire où l’anglophonie et la francophonie ne marqueront pas de significatives avancées, pousseront les classes moyennes ouvrières et paysannes à se déverser sur les espaces congolais et tanzaniens, grossissant ainsi les effectifs Swahiliphones. Le pouvoir politique et économique des langues étant ce qu’il convient d’imaginer, la bourgeoisie bureaucratico-administrative devenue totalement anglophone se trouvera coincée dans un espace où la seule intelligentsia rwandaise ne pourra pas faire face ni concurrence à une intelligentsia kivutienne et burundaise parfaitement « swahiliphone et francophone» capable de se battre sur tous les marchés du CONGO, de

la Tanzanie

et du Burundi.

             Le poids économique de KIGALI et son destin politique dépendent de ce qui se mettra en place à Goma, Bukavu, Bujumbura, Kigoma, Mwanza et Bukoba. Certes, l’axe « Kigali-Kampala » pourra fonctionner mais il reste qu’entre Kampala et Kigali, il y a Mbarara, Masaka et Entebbe qui  ralentiront et amoindriront le flux des Echanges. Comme quoi, dans

la Région

, l’horizon de Kigali est étroitement lié à Kampala plus qu’à aucune autre ville.

          

7. KAMPALA

              La capitale de l’Uganda, point de passage obligé des flux commerciaux entre MOMBASA et BENI, ne bénéficie que très relativement du dynamisme des villes des bords du lac Victoria que sont, entre autres, Kisumu, Musoma, Mwanza et Bukoba. Quand on sait que de Mombasa  à Kampala, on passe nécessairement par Nairobi, Nakuru, Kisumu, Eldoret et JINJA, on comprend que Kampala ne compte que sur son propre dynamisme en tant que capitale de l’Uganda.

             Le poids économique de Kampala et son destin politique dépendent de l’étouffement des dynamiques des villes secondaires telles que Masaka, Mbarara et JINJA. Il faut tenir compte du fait que les autres villes d’Uganda n’ont pas une tendance naturelle à s’ouvrir sur cette lointaine Capitale qui, souvent, a les allures d’une éponge « qui engorge et ne regorge pas » ou d’une pompe aspirante et non foulante. Encore une fois, un KIVU maîtrisant son destin sur la ligne « Uvira-Bukavu-Goma-Butembo–Beni », filtrant les échanges pour son hinterland et le reste du Congo, prive à Kampala et Kigali de moyens de leur expansion économique et de ce fait, attire leur surplus démographique, absorbe leur intelligentsia qui se « swahilisera» ou ne sera pas, ne sera plus. Ce même dynamisme du KIVU aura des conséquences politiques, économiques et culturelles à KINSHASA, sur Kinshasa.

8. KINSHASA

            Capitale du plus grand pays africain au sud  de l’Equateur, Kinshasa en est aussi, la ville la plus peuplée. Siège des Institutions de

la RDC

, Kinshasa est la ville de la démesure, dans une région à toutes les autres villes (Brazzaville, Libreville, Mbandaka, Matadi, Luanda etc..) ne font pas le poids, fussent-elles capitales nationales, provinciales ou locales.

             On serait tenté de dire « Kinshasa et le désert congolais» pour paraphraser et pasticher le titre d’un livre français d’Olivier Stoléru, mais cela ne correspondrait pas à la réalité. Sur l’axe « ouest-est » de

la  République

Démocratique

du Congo, le poids démographique et économique penche à l’est et Kinshasa essaie, tant bien que mal, d’équilibrer le poids. Sur la frontière orientale s’aligne de grands cités actives : Lubumbashi, Kalemie, Uvira, Bukavu, Goma, Butembo, Beni, Bunia. Rien de tel sur la frontière occidentale qui délimite

la  RDC

avec des pays (RCA, Congo) dont la population totale est inférieure à la seule ville de Kinshasa. Sur les frontières « nord » et « sud » de

la RDC

, aucun chapelet de villes aussi importantes que sur la frontière orientale n’apparaît.

           Le Congo vit à l’Est et rit à l’Ouest. Et c’est peut être là, le secret de Kinshasa. Mais cela ne pourra durer longtemps qu’à la seule condition que Kinshasa cesse de jouer à un rôle d’attrape-tout, de fourre-tout…

Le destin de Kinshasa est lié à sa coopération avec Brazzaville. Mais, plus Kin se tournera vers Brazza, plus la capitale Congolaise tournera son dos à l’Est de

la République

, à sa partie la plus démographiquement et économiquement viable. Et que vaut Kin sans les provinces orientales, sans les Provinces swahili ? Que vaut Kin sans Lubumbashi, Kalemie, Uvira, Bukavu, Goma, Beni , Butembo, Kisangani et Kindu ? C’est le dilemme de Kin, capitale isolée, obligée de s’allier à une autre Capitale pour espérer survivre comme Capitale d’un Grand Pays dont l’essentiel se joue et se fait dans la partie orientale du Pays.

             Siège des Institutions, Kinshasa doit savoir que les sièges ne sont pas éternels et que les Institutions sont conjoncturelles, conjecturelles. Les fonctions institutionnelles sont souvent, d’abord, des fictions institutionnelles. Les jours de Kinshasa comme Capitale du Congo sont comptés. Plus

la Communauté

de l’Afrique de l’Est s’affirmer politiquement et économiquement plus les Provinces orientales, les Provinces swahili du CONGO en seront dépendantes et moins elles se tourneront vers Kinshasa qui, économiquement- et donc politiquement- ne fera pas le poids. La ligne Lubumbashi- Bunia avec son chapelet de villes importantes (Kalemie, Uvira, Goma, Butembo, Beni) est suivie d’une autre série de ville dans l’hinterland : Kisangani, Kindu, Manono, …voire Mbuji-Mayi et Kananga.

           En un mot, comme en mille, Kinshasa est condamné soit à se surdimensionner et se surpeupler pour espérer faire le poids avec les provinces orientales, soit s’ouvrir à une coopération régionale où Luanda, Brazzaville, Libreville et Bangui joueront des rôles importants. Etre

la Capitale

de

la Communauté

des Etats de l’Afrique Centrale serait l’idéal pour Kinshasa. Mais en le faisant, Kin se coupera de ce qui lui donne le poids économique et le prestige politique : les Provinces Orientales qui ouvrent le Congo à 7 de ses 9 voisins. D’ où l’idée d’une autre Capitale pour le Congo, quelque part dans l’actuelle  Province du KASAI  Oriental pour en faire l’épicentre de la vie nationale en lieu et place d’une capitale excentrée : administrativement importante, économiquement insignifiante, Géant administratif, nain économique. Le siège des Institutions congolaises souffre d’une criante insuffisance au niveau des Infrastructures (hôtel, Parcs , salles des Conférences et Congrès , routes…)

            Au regard des facilités q’offrent les Couples « NAIROBI- ARUSHA», «KAMPALA-KIGALI » ou « BUKAVU – GOMA» on peut se demander combien de temps encore  KINSHASA abusera de la patience de beaucoup de Congolais désireux de sentir les effets centrifuges  et entraînants, d’un Centre accessible à  pied, à vélo, à moto ou en voiture. Des Provinces orientales  on n’atteint Kinshasa qu’en avion. Et cela en payant le même prix que pour faire un voyager aller-retour entre Bujumbura, Kigali, Kampala, Dar es Salaam ou  Lusaka et l’Europe.

             Au fond, le Congo et Kinshasa gagneraient  dans une ouverture d’un axe important entre le CONGO et notre plus grand voisin- démographiquement et économiquement –

la Tanzanie.

Et

pour cela, Jakaya Kikwete dont on peut espérer la réélection l’année prochaine, détient  les cartes de la réorganisation de la    communauté de l’Afrique Orientale et Centrale. Les perspectives d’une Communauté du Congo et de

la Tanzanie

bouleverseraient toutes les données en présence. A moins qu’on ne pense, d’ores et déjà, à échafauder les plans d’une communauté du Congo et de l’Afrique Orientale et des Grands Lacs, dont économiquement et politiquement, la principale victime serait

la Communauté

des Etats de l’Afrique Centrale qui, sans

la RDC

, serait réduite à sa plus simple expression.

9. KIKWETE

             Le couple JK-JK (Jakaya Kikwete - Joseph Kabila) détient les clefs d’une Communauté qui, si elle voyait le jour, changerait le visage de l’Afrique. Une Communauté allant de Zanzibar à Moanda, à cheval sur l’Equateur, intégrant les Grands Lacs et le Bassin du fleuve Congo, unifiée linguistiquement et culturellement par le SWAHILI et le LINGALA, arc-boutée sur

la Civilisation

bantu, permettrait d’étouffer les incendies qui couvent encore au Rwanda, au Burundi, au Kivu et dans l’Ituri.

           Jakaya Kikwete, l’enfant de BAGAMOYO, cet endroit précis où les hommes et femmes venus du CNGO et du reste du Tanganyika s’embarquaient pour Zanzibar et les routes maritimes de l’Esclavage, est un homme fortement influencé par l’Ujamaa de Julius Kambarage NYERERE. Ministre sous MWINYI et MKAPA, Kikwete a une vision de la politique et de la scène régionale qui est marquée au coin du pragmatisme.

            Sur la scène est-africaine,

la Tanzanie

que dirige KIKWETE a un certain avantage -un avantage certain- sur tous ses voisins. Partageant ses frontières avec plus de pays dans ses parties septentrionale et occidentale (Mozambique, Malawi, Zambie, Congo, Burundi, Rwanda) que dans ses parties méridionale et orientale (Uganda, Kenya ),

la Tanzanie

a une géographie qui lui dicte une politique et une diplomatie en net décalage avec toutes les proclamations la liant à

la Communauté

de l’Afrique de l’Est.

           On pourrait même aller jusqu’à dire que c’est un choix erroné pour

la Tanzanie

de s’enfermer dans un Ensemble qui lui aliène ses intérêts vitaux. En diplomate  et politique avisé, Kikwete est appelé à mettre la pédale douce dans la construction du marché unique ou dans la mise en place des politiques communautaires. Le destin politique de Kikwete est tout inscrit dans la transition de

la Tanzanie

vers le réalisme géostratégique et géopolitique comme celui de ALI HASSAN MWINYI l’a été, hier pour la transition idéologique et économique de l’Ujamaa au libéralisme et à

la Démocratie.

            Devant l’affaiblissement politique, économique et idéologique du KENYA, les incertitudes pesant sur l’Uganda, les imprévisibilités du Rwanda, les inconnus du Burundi, la stable et détestable instabilité du Congo,

la Tanzanie

est sur la route du doute : cheminer toute seule vers l’idéal ou supporter  les inconvénients du réel ? Quoi qu’il en soit, le logiciel idéologique qui a conduit à la lente construction de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est, doit être changé. Jakaya Kikwete et Joseph Kabila se doivent d’échafauder les plans d’une Communauté associant, liant le Congo à

la Tanzanie

, le Swahili au Lingala, avec l’idée que  le KIVU et les Grands Lacs jouent le rôle de charnière, de pivot.

            Kikwete ne pourra pas constamment envisager l’avenir avec les yeux tournés vers le passé ni Kabila continuer à se hâter lentement pour changer la donne sur le plan régional. C’est qu’il faut que les deux « J K » s’accordent à regarder ensemble dans la même direction et se disent bien qu’il n’y a pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Et ceci vaut une matière à réflexion aussi pour les Kenyans  ODINGA et KIBAKI.

10. KIBAKI   

          

            Le tandem  Odinga – Kibaki à la tête du KENYA après les massacres tribaux qui ont suivi les sanglantes contestations électorales se montre en panne et en peine pour fixer de nouveaux horizons au Kenya et redorer son blason bien terni . Et du coup, la locomotive économique de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est se trouve bien en difficulté. Le moteur est grippé. Avec une jeunesse Kenyane privée d’espérance et de mémoire, Kibaki ne peut compter que sur une caste, une classe dirigeante bien incertaine quant à ses choix idéologiques et à sa survie politique.

            Le destin politique de KIBAKI dépend de sa capacité à rebondir sur une scène politique où tout l’afflige et lui nuit et conspire à lui nuire, pour  paraphraser le grand Racine. Avec des voisins en guerre ou instable (Somalie, Ethiopie, Uganda)  ou fortement tentés – comme

la Tanzanie-

de compter sur soi pour bâtir une économie nationale et régionale débarrassée des poncifs coloniaux, le KENYA doit se reprendre, se fixer un cap idéologique, se doter de mœurs, politiques et administratives, délibérément dégagées de relents tribalistes ou de pratiques concussionnaires, véreuses.

             Venu à la suite de KENYATTA et de MOI, Kibaki n’a ni l’aura de l’un ni la truculence de l’autre. Les troubles endémiques de

la Rift-Valley

, les rivalités entre Mombasa, Nairobi et Kisumu sur fond d’appartenances ethno- tribales ou confessionnelles entre Chrétiens, Animistes, Musulmans (Mombasa), Kikuyu (Nairobi) et Luo (Kisumu), Kalenjin (Eldoret), les méfiances de KAMBA et des MASAI, constituent un cocktail bien explosif.  Avec  une Economie dominée par les Firmes Etrangères, un commerce contrôlé par les Indo-Paskistanais, une Agriculture dans les mains des Propriétaires terriens sous le modèle Zimbabwéen ou faisant survivre de petits paysans, un Elevage aux mains des Masai, le KENYA de KIBAKI vit, essentiellement, du prestige du port de MOMBASA et de son tourisme. Mais le développement du tourisme tanzanien, le réveil des ports de Tanga, Zanzibar et, demain, Mtwara et KILWA, « piqueront » des parts de marché au KENYA, si

la Tanzanie

continue son insolente stabilité politique et économique, son expansion culturelle dans les domaines de la littérature, de la musique et du cinéma grâce à sa mainmise sur le Kiswahili que d’aucuns appellent maintenant « kitanzania ».

Après le tour de ces dix « K»[3] qui comptent (Kabila, Kagame, Kamerhe, Kengo, Kivu, Kigali, Kampala, Kinshasa, Kikwete, Kibaki) , il convient de préciser que le regard n’est que panoramique et l’ analyse assez superficielle, « surfacique » . J’aurais bien voulu inclure des dates, chamarrer mon texte de chiffres et de graphiques mais cela alourdirait mon exposé et coulerait ma réflexion dans les eaux glacées de l’académisme universitaire ou de l’intellectualisme pédant. J’ai voulu échapper au« Charybde et Scylla»  de ce que le regretté Wright Mills désignait sous les expressions de « Suprême théorie» et « Empirisme abstrait».

            La réalité politique, économique et culturelle des pays à cheval sur l’Equateur, de l’Océan Indien à l’Océan Atlantique pousse à une interrogation sur les destins politiques des « barons » (Kabila, Kagame, Kamerhe, Kengo, Kikwete, Kibaki) et les destins «économiques des Métropoles (Kinshasa, Kigali, Kampala,) ou des aires géographiques ou culturelles (KIVU).

          Fondamentalement, la question de la viabilité de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est  se pose quand on s’imagine quel rôle n’y joue pas le CONGO ou que n’y jouera plus pendant longtemps encore

la Tanzanie.

Ces

deux pays qui se regardent comme des chiens de faïence donnent souvent l’ impression d’être dos-à-dos, côte à côte alors que la réalité est celle des liens politiques, économiques et culturels forgés par l’histoire, fondés sur la géographie, appelés  à s’intensifier.

          

La Communauté

du CONGO et de

la Tanzanie

devra se bâtir sur une réalité qui fait des Grands Lacs (Edouard, Albert, Kivu, Tanganyika) le  pivot autour duquel tournera une Communauté allant de l’Océan Indien à l’Océan Atlantique, utilisant les langues ethno-tribales et principalement le Kiswahili et le Lingala, dont les fréquentes liaisons donneront le jour au SWAHILINGALA.

            Comme la géographie dicte  au Congo et à

la Tanzanie

la Politique et l’Economie à suivre, il faut bien que des leaders le comprennent et le traduisent en politiques publiques. Jakaya Kikwete et Joseph Kabila peuvent-ils faire ce que NYERERE et MOBUTU n’ont pas osé ?  Kagame, Kamerhe, Kengo et Kibaki ne jouent pas les mêmes rôles ni sur la même scène : Kamerhe et Kengo espèrent jouer les rôles que Kagame et Kibaki jouent, actuellement. L’influence politique du Rwanda, le prestige personnel de Kagame, trouvent leurs limites dans les dimensions du  Congo et de

la Tanzanie

, aux populations assez revêches, rebelles ou rétives aux thèses politiques ou idéologiques d’un petit pays soupçonné de nourrir des visées expansionnistes. Dès lors, Kagame s’inscrit dans une logique où

la Communauté

de l’Afrique de l’Est constitue l’unique horizon. La résurrection des thématiques de

la CEPGL

  paraît dès lors, ne pas intéresser le Rwanda. D’où son anglicisation et ses thèses erronées sur les choix politiques, économiques et linguistiques.

)

Kagame et Kibaki misent sur

la Communauté

de l’Afrique de l’Est comme d’autres misent sur le même cheval. Ce n’est pas le cas de Kabila et Kikwete. Et cette question est totalement inconnue ou marginale chez  Kengo et Kamerhe pour qui Kinshasa est le centre, la base et le sommet de toute réflexion politique, l’alpha et l’oméga de toute aspiration économique.

         Kibaki, pour finir, se trouve dans une position où il doit perpétuer un leadership sur l’Uganda, le Rwanda et le Burundi alors que ces 3 pays sont coincés entre Congo et Tanzanie.

La Communauté

de l’Afrique de l’Est, auprès de ces « K » qui comptent, est dépendante  de la volonté du Congo et de

la Tanzanie

de renouveler la réflexion sur une nouvelle ère et sur une aire nouvelle de Coopération régionale en tenant compte des impératifs de

la Géographie

et de l’Economie.

                 BUHENDWA  ELUGA  ESSY.


[1] Enseignant-chercheur, Docteur en Sciences Politiques (Univ Rennes I) et en Sociologie du Développement (Univ Paris I Panthéon Sorbonne), l’auteur poursuit des Recherches relatives à l’aire swahili. Ces Recherches sont essentiellement axées sur le pouvoir politique des langues et l’intégration « politique et économique » régionale autour du Kiswahili et des Grands Lacs.

[2] Cet article a été écrit avant l’arrivée de Boshab à la Présidence de l’Assemblée Nationale, à l’époque ou Vital Kamerhe tenait le « perchoir »

[3] Si j’y ajoutais Kaguta Yoweri Museveni, ces K auraient pu être 11…

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25 février 2009

Mythique, mystique et mirifique séparation des pouvoirs

Mythique, mystique et mirifique séparation des pouvoirs


                                                           Prof  BUHENDWA E Mirhim’eluga Essy

·         Docteur en Sciences Politiques (Univ Rennes I, France)

·         Docteur en Sociologie du Développement (Univ Paris I – Panthéon-Sorbonne)

·         Chercheur du Centre de Recherches et d’Etudes sur l’Afrique Orientale et des Grands Lacs (CREAOGL)


Mythique, mystique et mirifique séparation des pouvoirs

Par Buhendwa Eluga Essy[1]

La théorie qui veut qu’en tout bon gouvernement on doit distinguer rigoureusement le législatif de l’exécutif et du judiciaire est une escroquerie juridique doublée d’un mensonge politique : la séparation  des pouvoirs est un mythe qu’entretient une certaine mystique sur fond d’illusion historique et de bévue intellectuelle.

Ce petit article se propose de montrer que la fameuse théorie de Montesquieu a souvent servi de caution politique ou d’alibi juridique à une petite minorité d’aristocrates et de ploutocrates désireux de conduire la majorité d’honnêtes  gens sur une fausse piste pendant qu’ils se partagent le plantureux gâteau issu de leur prédations, de leurs pratiques véreuses et des méthodes concussionnaires.

            La fausse bonne idée de Montesquieu est la séparation des « Trois pouvoirs » pour recevoir de cette séparation les bienfaits de la liberté et de la stabilité des Institutions. Dans le célèbre Livre XI, Montesquieu monte la théorie de l’équilibre des pouvoirs avec l’idée qu’il faut bien que le pouvoir soit la limite même du pouvoir.

Il veut résoudre ainsi, une fois pour toutes, le problème politique qui tient tout entier dans l’usage et l’abus du pouvoir.

            C’est ainsi qu’on a vu dans la théorie de Montesquieu  l’argument pour ébranler l’ordre monarchique, pour justifier la nécessité ou l’incommunicabilité des parlements.

Les constitutions américaine et française de la fin du 18e siècle n’ont-elles pas consacré, dans leurs attendus et leurs dispositions les principes de la séparation des pouvoirs voulus par Montesquieu ? Or, il faut en arriver à penser qu’il s’agit d’une grande illusion historique.

            Un juriste du début du siècle dernier Charles Eisenmann[2] ainsi que le philosophe Louis Althusser[3], après avoir démonté toute la mécanique ont montré que la théorie de Montesquieu est un véritable mythe, une mirifique mystique, un modèle théorique purement imaginaire. L’idéal de Montesquieu, selon eux, coïnciderait avec un régime dans lequel serait rigoureusement assurée la séparation des pouvoir et qu’il n’en existe que trois : l’exécutif (le Roi, le Président et leurs ministres), le Législatif (Sénat et l’Assemblée Nationale) et le Judiciaire (le corps des Magistrats). Chaque pouvoir recouvrirait une sphère propre, un fonction propre, sans interférence aucune.

Ainsi conçu, il ne saurait y avoir un quelque empiétement de l’exécutif sur le législatif et le judiciaire, ou aucun empiétement réciproque, de même nature, mais encore aucun des membres composant un organe ne saurait appartenir à un autre organe.

            A lire Eisenmann et Althusser, cette fameuse théorie n’existerait tout simplement pas car :

1)    L’Exécutif empiète sur le Législatif car le Roi ou le Président disposent du droit de veto[4]

2)    Le Législatif peut, dans une certaine mesure, exercer un droit de regard sur l’Exécutif, puisqu’il contrôle l’application des lois votées et peut demander des comptes aux Ministres.

3)    Le Législatif empiète « gravement » sur le Judiciaire puisqu’il peut s’ériger en Tribunal, dans 3 circonstances particulières :

a)   

La Noblesse

d’Etat,

la Nomenklatura

, les Apparatchiks, les Hauts Dignitaires sont jugés par leurs pairs pour échapper aux préjugés des magistrats populaires

b)    Lors de l’amnistie

c)    Lors des procès politiques

La lecture attentive des textes de Montesquieu nous pousse jusqu’à cette  audace qui tend à montrer que chez Montesquieu il ne s’agissait pas de SEPARATION mais de COMBINAISON, de LIAISON, de fusion, d’imbrication, d’implication, de concaténation des Pouvoirs. A la base de cette affirmation se trouve l’idée que le POUVOIR JUDICIAIRE n’est pas, à proprement parler, un Pouvoir. Ce pouvoir est invisible et comme nul, affirme Montesquieu[5]

            Le magistrat, le juge, est un homme dont toute la fonction consiste à lire, traduire et dire la loi[6]. Le juge est donc, aux yeux du Baron de

la Brède

, un « code animé » qui, lors des procès politiques, lors des crimes et délits des Nobles, quitte la sphère rigide du juridique pour entrer dans l’univers flexible et à géométrie variable du politique. Face à une telle logique, Montesquieu nous suggère de ne considérer que deux pouvoirs : l’exécutif et le législatif.

Il faut bien noter que nous sommes en présence de deux pouvoirs mais de 3 puissances ; le Roi (le Président),

la Chambre

haute et

la Chambre

basse. En l’autres termes, le  « Roi- Président »,

la Noblesse

l’Etat et le Peuple. Pour mettre des noms derrière  ces « fonctions - fictions »
[7], en actualisant la vision de Montesquieu et en essayant de l’adapter à la situation en vigueur au Congo actuel, on dirait que la fiction qui consiste à croire qu’il y a trois pouvoirs éclate tout entière et vole en fumée car tout se passe entre Kabila (Roi –Président), Kamehe (le Peuple) et Kengo (

la Noblesse

).

            La trilogie du pouvoir, les « 3 K », la puissante « trinité politique » au Congo rappellent donc les analyses, le travail de Montesquieu et nous mettent en face de quelques analyses politiques et non juridiques  de la réalité de notre vie dans un Etat-Nation aux contours imprécis, aux dessins et destins sans cesse mouvants, chancelants.

            Dès lors, l’idée de  la séparation des pouvoirs éclate en même temps que s’affine celle de la « combinaison-liaison-imbrication-implication » des pouvoirs. Et ainsi, la question du « Gouvernement modéré » n’apparaît plus que comme un doux rêve, une lénifiante chimère : la véritable modération n’est ni la stricte séparation des pouvoirs, ni le souci et le respect juridiques de la légalité. Cela conduit à s’interroger sur le despotisme, ce régime où un seul gouverne, sans règles ni lois, là où le despote apparaît dans tout ministre, gouverneur ou administrateur qui passe outre  la loi et commet des abus de pouvoir. Nous savons la réalité de ces régimes où on croit à l’équilibre des pouvoirs qui garantirait la fictive séparation des pouvoirs, où le despotisme règne à l’ombre des lois : c’est la pire des tyrannies[8].

            Qu’on ne s’y trompe pas, la fameuse séparation des pouvoirs n’est donc que le partage pondéré du pouvoir entre des puissances déterminées : le « roi –président »,

la Noblesse

et le « peuple ». En réalité, sous les dehors mythiques de la séparation  des pouvoir, se vit l’opération réelle d’un partage du pouvoir entre différentes forces politiques ou, plus précisément, entre personnalités politiques. On est passé, on a glissé, dans la pensée et l’analyse de Montesquieu,  des pouvoirs aux puissances et aux personnalités. Les termes ont changé. Si chez Montesquieu, il s’agit de combinaison des pouvoirs et non de séparation des pouvoirs, il convient d’examiner les empiétements et les combinaisons absolument exclus.

            On peut en retenir, au moins, deux sinon plus mais tenons-nous à ces deux :

            La première combinaison exclue est que le législatif puisse usurper le pouvoir de l’exécutif. Cela entraînerait la perte de la monarchie, de

la Présidence

, dans le despotisme populaire[9]

            Montesquieu admet que le « Roi – Président » puisse détenir, contre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif. Mais de là à faire que le peuple soit « prince » et tout est perdu »

            La seconde combinaison exclue est la détention de la puissance judiciaire par l’exécutif, par le « Roi –Président ». Pour montes qui en cette disposition suffit à faire sombrer la « Monarchie-Présidence » dans le despotisme. Si le roi –président jugeait lui-même… « La constitution serait détruite, les pouvoirs intermédiaires dépendant anéantis »[10].

            Dès lors, quand on examine le fameux « équilibre des puissances » on peut espérer trouver l’ombre du début de l’esquisse de la réponse à la question : « à l’avantage de qui s’opère le partage ? ». Si l’on considère les forces réelles existant au temps de MONTESQUIEU et non plus les seules forces invoquées dans la combinaison, on constate que

la NOBLESSE

a des avantages certains ou, si on vent adoucir l’expression, certains avantages :

1° - Elle devient, en tant que classe, une force politique reconnue par la chambre haute.

2°- Elle devient aussi une classe dont l’avenir personnel, la position sociale, les privilèges et les distinctions sont garantis contre les entreprises du « Roi -Président » et du Peuple. C’est ainsi que dans leur vie, dans leurs familles et leurs biens, les nobles « sénateurs » sont à l’abri du « Roi-Président » et du  peuple.

            La contrepartie de ces assurances à la « noblesse sénatoriale », c’est une autre assurance à l’usage du « Roi – Président ». Il sera protégé par le rempart social et politique  de

la Noblesse

contre

la Révolution

, révoltes et manifestations populaires.

            En République Démocratique du Congo, non seulement

la Noblesse

sénatoriale sert de contrepoids au peuple par une représentation hors de proportion avec le nombre et les intérêts du grand nombre, elle équilibre la représentation du peuple dans le législatif, mais encore- cette noblesse sénatoriale –par son existence, ses privilèges, ses prébendes et concussions sous Mobutu, son lustre et son luxe sous les Kabila, sa  « feinte » générosité du bout des lèvres avec la main sur le cœur, enseigne au Peuple que les grandeurs sont respectables, qu’il existe une structure dans l’Etat, qu’il est loin de la passion au pouvoir… bref, de quoi décourager, à tout jamais, toute idée de subversion, de révolte ou de révolution.

            En affirmant, au tout début de cet article, que la séparation du législatif, de l’exécutif et du judiciaire, était une escroquerie juridique doublée d’un gros mensonge politique, je voulais montrer – et pas forcément démontrer- que, réellement, chez Montesquieu, la séparation des pouvoirs signifie l’équilibre des puissances, la neutralisation triangulaire des personnalités se partageant le pouvoir : Kablla, Kengo, Kamerhe. Les « 3K »- sont les figures de proue de cette architecture, de cette superstructure qui ne tient  compte de l’infrastructure.( le peuple) que pour perpétuer la domination sur une scène politique des « has been », des jeunes loups et des arrivistes, « yes men » patentés, aussi incapables d’aimer le pays que de le haïr..

L’apparent équilibre des puissances a dessein d’en rétablir et consacrer une parmi les autres :

la Noblesse

sénatoriale.

            Le « Roi-Président », la « Noblesse sénatoriale » et la « Bourgeoisie parlementaire » au Congo, est une tripartition qui emprunte à la pensée politique en accord avec Montesquieu mais qui, ici, permet à une poignée d’individus de tenir le peuple en coupe réglée : misère salariale, souffrances humaines, salaires chroniquement impayés, maladies endémiques, épidémies tenaces… voilà la quotidienneté de la vie du peuple.

            Par son refus de soumettre la matière des faits politiques à des principes religieux et moraux, par son refus de la soumettre aux concepts abstraits, Montesquieu écarte les préjugés, les prénotions, les prévisions, les prophétisations, les vaticinations, les présages dans tous les secteurs de la société et de la Politique. Montesquieu ouvre la voie royale de la Science. Il trace ainsi le premier tronçon qui mène aux grandes révolutions théoriques et, spécialement, à une nouvelle théorie de la loi : « les lois… sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses »[11]. Les lois sont donc, des rapports. Plus précisément, des rapports de force. Alors que la loi était commandement[12], elle devient, chez MONTESQUIEU, rapport. Alors que la loi postulait, requérait, avant Montesquieu, une volonté pour ordonner et des volontés pour obéir, un législateur et ses sujets, la loi prend une autre charge sémantique chez MONTESQUIEU.

            Cette idée de « loi- rapport » est véritablement une grande innovation et elle préfigure l’objet de cet article : la mythique, la mystique, voire la mirifique SEPARATION des Pouvoirs.

C’est dans ce sens que MONTESQUIEU précise : « tous les êtres ont leurs lois ; la divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à l’homme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l’homme a ses lois »[13]

            Comme on le voit, cette idée de « loi- rapport » règle son compte à DIEU, au « Roi-Président » et à toute autre fameuse puissance sociale, politique, culturelle ou économique.

            Ce relativisme qui singularise MONTESQUIEU doit nous pousser à rechercher le dit dans le non-dit, de lire entre les lignes, de faire une sorte de « spéléologie » du sous entendu. Comment tient l’échafaudage institutionnel dans un Congo caractérisé par

la TRAHISON DES

CLERCS[14], le cynisme d’une bourgeoisie bureaucratico-administrative, les inconséquences et les incohérences d’une Assemblée des « yes men » ou d’un Sénat des Mobutistes faussement  repentis et vraiment nostalgiques ? Ce n’est  certainement pas par l’application stricte de la fameuse théorie de la séparation des pouvoirs ni par l’observance des vertus qu’elle implique ou postule.

            La vie politique au Congo, sous les dehors d’une SEPARATION DES POUVOIRS respectant l’ESPRIT DES LOIS semble dominée par ce rapport des forces entre les trois ″K″ (Kabila, Kengo, Kamerhe) avec une singulière manie de référence théologique, de volonté d’organisation politique et administrative laissant la place à une sorte de « SOMME DES CONTRAIRES » si ce n’est une  «  MULTIPLICATION DES DIVISIONS ».

            Que l’exécutif et le législatif soient  dominés par trois hommes dont on ne connaît pas grand-chose de leurs adhérences ou adhésions spirituelles,  dont on devine à peine les parentés idéologiques,  les cousinages intellectuels ne rassure aucunement sur l’efficacité du système politique congolais. L’impression nette est que l’équipage navigue à vue, sans boussole tactique, sans cap désigné avec la nette impression que tout le monde doute de tout.

            Avec une CONSTITUTION sujette non seulement à caution mais aussi à des interprétations diverses et adverses, notre vie politique inspirée d’un modèle théorique mythique, mystique et mirifique semble tourner au gré des vagues, donnant l’impression d’un bateau ivre dont les Capitaines ont perdu la boussole en préférant naviguer à vue, laissant le bateau ivre tanguer à volonté, à bâbord et à tribord.             

Dès lors, la corruption généralisée, les pratiques concussionnaires, les agissements véreux, les trafics d’influence, les détournements massifs prospèrent sous le couvert, sous la bénédiction, d’une illusoire SEPARATION DES POUBVOIRS, d’une chimérique INDEPENDANCE de chaque pouvoir et d’une utopique MODERATION.

            En lieu et place de

la SEPARATION DES

POUVOIRS guidée par l’Esprit des lois, on voit prospérer, telles des métastases cancéreuses, les pouvoirs et les puissances de l’argent, à telle enseigne que des hommes, sans foi ni loi ni roi, prennent des armes contre la république ou la ruinent dans une totale impunité.

Comme on peut le voir, au CONGO, entre le ″Roi-Président″,

la Noblesse

sénatoriale et

la Bourgeoisie

parlementaire, tout se joue dans un conflit continu de caractère politique et idéologique mais sans cadre politique fixe ni références idéologiques lisibles. Entre la masse des exploités, paysans ruinés, petits artisans paupérisés, boutiquiers caporalisés, petits métiers, salariés chosifiés d’une part, l’ordre étatique et son pouvoir politique, d’autre part, il n’est guère question de débats théoriques, mais lutte entre le pouvoir et la misère, qui se règle, le plus souvent, par la soumission et en de brefs intervalles par l’émeute, les marches, les armes et les larmes.

            S’il faut pour finir, revenir aux premiers mots de cet article, je dirai que le mythe de la séparation des pouvoirs en République Démocratique du CONGO, semble revêtir toutes  les lueurs d’un leurre ; les dés sont pipés, les cartes sont biseautées, de telle manière que les petits malins, rescapés et nostalgiques actifs du  MOBUTISME et du KABILISME paternel (tendance AFDL) lancent des hommes et des femmes « chosifiés » sur des fausses piste pendant qu’ils se partagent les prébendes dans les lambris et les dorures des palais construits par les biens des détournements, des concussions, des pratiques véreuses et de la corruption.

Ici le pouvoir n’arrête pas le pouvoir, selon l’acception primordiale de Montesquieu. A l’aide d’une sibylline constitution, des Appareils Idéologiques d’Etat (Eglise, Ecoles) et des Appareils. Répressifs d’Etat (Armée, Police) que contrôlent

la Noblesse

d’Etat et

la Bourgeoisie

parlementaire, les Institutions politiques fonctionnent suivant des logiques dictées par l’instant et l’instinct. Les grands débats programmatiques sont écartés, l’analyse muselée, la vision et la prévision embrumées, la prospective découragée par des Hommes et des Femmes enfermés dans la seule logique de la prédation et de la « politique du ventre ».

La séparation des pouvoirs est, actuellement, une sorte de « réparation-répartition » des pouvoirs pour une Classe politique héritière, rescapée et nostalgique des méthodes mobutistes, engoncée dans des privilèges insensés, insensible à la misère du peuple, faisant une exégèse des classiques de

la Politique

et du Droit pour la continuelle perpétuation de leurs prédations.

                                               BUHENDWA ELUGA ESSY .


[1]  BUHENDWA ELUGA ESSY est Docteur en Sciences Politiques (Univ Rennes I) et en Sociologie du Développement (Univ Paris-I Panthéon – Sorbonne). Auteur d’une thèse sur la pensée et la pratique politiques de Julius Kambarage NYERERE, Consultant à

la BCC

,

la Voix

de l’Allemagne,

la Voix

de l’Amérique, Radio Japon et Radio TEHERAN, il est actuellement Professeur de Sciences Politiques à l’Université de Goma, à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (Goma), à l’Université Libre de Kigali, à l’Université Catholique de Bukavu et à l’Institut Supérieur de Commerce d’Uvira. Directeur du Centre de Recherches et d’Etudes sur l’Afrique Orientale et des Grands Lacs (CREAOGL), il poursuit des recherches sur le  pouvoir politique des langues et les répercussions politiques et économiques de l’intégration régionale de l’aire swahili sur le Kivu et le Congo.

[2] Eisenmann Ch, L’esprit des lois et la séparation des pouvoirs, (Mélanges Carré de MALBERG, Paris, 1933)

[3] Louis Althusser, Montesquieu,

la Politique

et l(histoire, Paris, PUF, 1959

[4] La puissance exécutrice faisant partie de la législative, par sa faculté d’empêcher (Esprit des lois, XI, 6)

[5] Des trois puissances tout nous avons de parlé celle de juger est en quelque façon nulle… (E.L XI, 6)

[6] Les juges de la nation ne sont … que la bouche qui prononce les paroles de la loi, des êtres inanimés qui n’en peuvent modérer ni la force ni la rigueur (E.L XI,6)

[7] Je pense ici au regretté Pierre Bourdieu qui, dans Leçon sur la leçon, disait que « les fonctions sociales sont des fictions sociales… »

[8] Il n’y a pas de plus atroce tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et sous les couleurs de la justice « (considération, XIV)

[9] Si la puissance législative prend part à l’exécution, la puissance exécutrice  sera… perdue (EL XI, 6)

[10] Montesquieu, Esprit des Lois, VI, 5

[11] EL, T,1

[12] Amri en Kiswahili

[13] Montesquieu, Esprit des Lois, I,1

[14] L4EXPRESSION EST DE Julien BENDA

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02 décembre 2008

Quelle Commnunauté autour du Kivu, de la Ruzizi et du Tanganyika?

QUELLE COMMUNAUTE AUTOUR DU KIVU, DE

LA RUZIZI ET

DU TANGANYIKA ?

                                Par BUHENDWA ELUGA ESSY[1]

                  L’effritement politique, économique et diplomatique du CONGO concomitant et corrélatif à l’effilochement, voire au délabrement, de son tissus social et culturel condamnent les populations originaires du KIVU à panser toutes les plaies et à repenser le rôle de cette entité tant sur la scène nationale congolaise que sur la scène régionale d’une Afrique Orientale et des Grands Lacs en pleines mutations.

                  L’idéal du PANAFRICANISME, version  NKRUMAH et NASSER, faisant suite au combat millénaire de l’émancipation des peuples noirs avec, entre autres, le gigantesque travail de WEB du Bois, MARCUS GARVEY, René MARAN, Léopold Sédar  SENGHOR le regretté Aimé Césaire – l’idéal du panafricanisme, disais-je- est en train de se revigorer idéologiquement et de s’adapter à l’air du temps.  La volonté de  réaliser le Panafricanisme sur une base régionale et non plus à partir du schéma de l’Etat-Nation a vu consacrer les thèses de Nyerere face à celles de Nkrumah. Dès lors, le modèle même de l’Etat-Nation  est devenu un principe d’organisation politique obsolète, dépassé même en Europe où il a vu le jour.

                  La position du KIVU sur la scène régionale est particulièrement intéressante tant il est vrai que

la POLITIQUE

et l’ÉCONOMIE d’une entité lui sont dictées par sa géographie.

                  Que nous montre, dès lors, la géographie du KIVU pour que nous puissions comprendre à quelle communauté nous joindre, et jusqu’à quel degré pour que cela ne consacre pas notre submersion économique, notre soumission politique et notre caporalisation idéologique ? Que pouvons-nous faire qui ne fige pas dans le marbre notre rôle de PROCONSULAT et de MARCHE-DEPOTOIR ou ne nous confine dans des rôles politiques auxiliaires mais réellement ancillaires ? Comment inventer une CULTURE POLITIQUE, des pratiques économiques et une VISION DU MONDE qui ne dépendent plus de choix souvent pris loin du KIVU, sans le KIVU et, donc, contre le KIVU ?.

                  Pour échafauder l’ombre du début d’une esquisse de réponse à ce chapelet de questions, je me propose de le faire en invoquant, de manière sommaire, les Impératifs liés à la géographie et à l’histoire (I) les Nécessités que dictent l’afrocentrisme, le panafricanisme et la mondialisation (II) avant de faire un choix délicat, entre le POSSIBLE et le PROBABLE à partir du PREVISIBLE (III) autour d’une « Communauté » à laquelle adhérera le KIVU qui, à mon sens, adhérera ou ne sera plus.

I.                   UNE APPARTENANCE COMMUNAUTAIRE DICTEE PAR LES IMPERATIFS DE L’HISTOIRE ET DE

LA GEOGRAPHIE

                  

                  Tour à tour et en même temps, déversoir du Lac Kivu, affluent du Lac Tanganyika, jonction frontalière entre

la RDC

, le Rwanda et le Burundi,

la Rivière Ruzizi

 est un lien politique, économique et culturel de toute première importance.

La Ruzizi

est le « concept géographique » fournissant tous les arguments idéologiques permettant de dépasser

la CEPGL

pour créer

la CEPRR

 (Communauté Economique des Pays Riverains de

la Ruzizi

) ou CEPBR (Communauté Economique des Pays du Bassin de

la Ruzizi

).

Plus grand que le Rwanda, le Burundi et l’Uganda réunis, le Sud-Kivu partage les frontières avec le plus grand voisin du CONGO en termes démographique et linguistique[2] - 

la Tanzanie.

                  Cette frontière avec

la Tanzanie

– par ailleurs, plus grand pays de la communauté de l’Afrique de l’Est – est intéressante pour une PROVINCE aux dimensions étatiques mais aux ambitions floues, souffrant d’un COMPLEXE PROCONSULAIRE, reléguée dans un rôle de « pépinière » de leaders auxiliaires et d’intellectuels organiques.

                  L’intérêt de l’analyse  réside dans le fait que de part et d’autre du Lac Tanganyika, de

la Ruzizi

et du Lac Kivu on parle la plus importante langue d’Afrique : le Kiswahili. Ce Kiswahili dont le CONGO compte le plus  grand nombre de locuteurs alors même que

la KIVU

est

la Province

la plus swahiliphone de tous les pays de l’aire swahilie. Mais cet intérêt n’est pas que linguistique. Il est aussi économique et, donc politique : via le Lac TANGANYIKA, le KIVU est en prise directe avec les ports de DAR ES SALAM et de DURBAN – via KIGOMA (Tanzanie) et MPULUNGU (Zambie).

Cet intérêt place UVIRA au cœur d’une réflexion et d’une considération que lui refuse l’esprit cocardier des BUKAVIENS et/ou des Gomatraciens, sans parler de l’inexistence de toute analyse prospective des bureaucrates installés dans les bureaux lambrissés et climatisés de Kinshasa.

                  

La RUZIZI

qui nous unit plus qu’elle ne nous sépare du BURUNDI et du RWANDA. Le Lac KIVU qui nous rapproche plus qu’il ne nous éloigne du Rwanda. Le lac Tanganyika nous ouvre plus qu’il ne nous isole du reste de l’Afrique Orientale

                  

Si le Lac Kivu,

la Ruzizi

et le Lac Tanganyika nous ouvrent à l’Afrique de l’Est, à l’Afrique australe et au monde, nos territoires de MWENGA et de SHABUNDA nous relient au Bassin du Congo par le truchement de l’Elila.

                  La géographie du KIVU nous ouvre au monde autant qu’elle nous retient sur nos racines, comme pour nous dire d’agir localement et de penser globalement. Elle nous convie au rendez-vous du donner et du recevoir en même temps qu’elle nous préconise d’y aller sans œillères, sans mépris à l’égard de notre identité, de notre négrité, de notre négritude.

                  Les impératifs de la géographie sont, donc, à l’œuvre dans notre recherche d’appartenance communautaire. Il en existe aussi d’historiques : les formes d’organisation des pouvoirs dans nos groupes ethno-tribaux, les soumissions similaires aux « croisades » euro-chrétiennes et aux « jihads » arabo-islamiques, les mêmes tâtonnements développemantalistes au lendemain des « indépendances du drapeau », les mêmes errements dans l’exercice du pouvoir…

                  Alors que les Royaumes du Burundi et du Rwanda sont devenus des « Etats-Nations », ceux du BUSHI, du BUFULIRU, du BUNYINDU se sont « fondus » dans un « Grand Ensemble Vertical », pour reprendre l’expression de Michel Rocard, à telle enseigne que nous regardons, avec les yeux de Chimène, nos deux anciens royaumes rivaux, concurrents.

                  Maintenant que l’histoire et les destins inéluctables de toute construction humaine nous ramènent à des réalités où l’économie tient le politique en l’état, où l’Etat-Nation cède le pas à la construction régionale ou communautaire, nous ne savons plus, au KIVU, sur quel pied danser ou à quel saint se vouer.

                   Dès lors, n’est-il pas venu le temps de recourir à nos racines afrocentristes en tenant compte des nécessités que dictent le Panafricanisme et

la Mondialisation

?

II- AFROCENTRISME, PANAFRICANISME ET MONDIALISATION

          Le Kivu se construira d’abord sur la base de ses identités ethno-tribales (lega, shi, vira, fuliru, nyindu, bwari, bembe, havu, tembo) sur lesquelles s’élèveront les entités administratives qui les emboîtent, telles des poupées gigognes, à l’ensemble d’autres subdivisions supérieures (territoire, province, Etat central). C’est à partir d’un recours aux sources africaines et ses cosmogonies dont l’identité ethno-tribale est le réceptacle qu’il faut envisager un développement susceptible de permettre aux terroirs de penser localement pour espérer agir globalement. Cela s’appelle « glocalisation ». Quelque neuf que soit ce concept, il n’en traduit pas moins une idée ancienne qui consiste à partir de l’infrastructure socio-culturelle pour construire, en dernière instance,  la superstructure économico-politique. Cela veut dire, tout simplement, qu’à partir des réalités locales (végétation, climat, langues, us et coutumes, interdits, pratiques diverses) on doit mettre en place des conditions nouvelles d’existence qui puissent permettre d’aller au rendez-vous du donner et du recevoir qu’exige la mondialisation. L’identité ethno-tribale est la condition sine qua non de l’Afrocentrisme et, donc, du Panafricanisme.

          Concrètement, au Kivu, nous nous devons de penser à protéger nos langues ethno-tribales, écrasées par les effets conjuguées des langues coloniales et des langues nationales autoproclamées. C’est comme si, d’une part, on avait un marteau (les langues coloniales) et, d’autre part, une enclume (les langues nationales autoproclamées) qui écrasent nos langues, identités, us et coutumes dans le mortier (l’Etat congolais). Ceci conduit à l’aliénation mentale, à la soumission politique et à la submersion économique nous livrant, pieds et poings liés, à la rapacité de nos voisins.

          En nous donnant comme idéal que « Binadamu wote ni sawa, Afrika ni moja », nous sommes en mesure de construire l’idéal de l’Unité ou de l’Union africaines mais en respectant ce qui fait la particularité, la spécificité ou la singularité de chaque entité ethno-tribale.

          C’est pour cela que nous devons introduire des enseignements de nos langues dans toutes les Ecoles en les harmonisant avec la véritable « lingua franca » qu’est devenu le Swahili, mais aussi en apprenant des langues au-delà d’anciennes langues coloniales (anglais, français, portugais, arabe…). Cela veut dire qu’à partir du « socle » ethno-tribal, il faudra apprendre une ou deux de quatre langues nationales autoproclamées (swahili, lingala, kikongo, tshiluba). Il faudra, ensuite apprendre concurremment le Français  l’Anglais et une autre langue à large diffusion internationale (hindi, chinois, russe, allemand, yoruba, amharique…)

          Construire la panafricanisme à partir de l’afrocentrisme exige une révolution dans la méthode, une ordalie d’épuration intellectuelle et un volontarisme politique à toute épreuve. C’est un choix qui exige un « saut qualitatif » qui est, en même temps, un tremplin vers la renaissance de nos identités bafouées, souillées, avilies par des siècles de dominations consécutives aux « croisades euro-chrétiennes » et aux « jihads arabo-islamiques »

          Ce saut qualitatif ne peut s’opérer qu’à partir de choix tenant compte du possible, du probable et du prévisible.

          - 7 -

III- CHOIX A PARTIR DU POSSIBLE, DU PROBABLE ET DU PREVISIBLE

L’Union africaine qui se construit, désormais, à partir d’ensembles régionaux fait que le Kivu est écartelé entre

la Communauté

de l’Afrique de l’Est (CAE) et

la Communauté Economique

des Etats de l’Afrique Centrale (CEAC). Le Kivu est aux premières marches des deux Communautés et peut, naturellement, géographiquement, jouer le rôle de trait d’union, de battant ou de pivot.

Dès lors, il est possible d’imaginer quelques scénarii et montrer qu’entre les deux Communautés (CAE et CEEAC), le Kivu ne peut pas se résigner à choisir de ne pas choisir. Sa proximité géographique avec les Pays de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est, le partage d’une même langue à  large diffusion continentale (le Swahili), les similarités diverses et variées entre les organisations politiques précoloniales (Buganda, Bushi, Busoro, Burundi, Bunyankore, Buha, Bulega, Bubembe, Bufuliru, Rwanda…), sa connexion aux réseaux lacustres, routiers et ferroviaires de l’Afrique Orientale, l’appartenance à l’aire d’expansion de la civilisation bantu que  délimite l’expression du Kiswahili, etc…font que le Kivu a les yeux de Chimène pour

la Communauté

de l’Afrique de l’Est même si un « mariage de raison » le laisse dans un Congo qui, apparemment, a fait le choix de

la Communauté Economique

des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) dont nous assurons, actuellement,

la Présidence.

Il est, dès lors, probable que nous aurons à opérer un choix qui permettra à notre Province de sortir de cet écartèlement que lui dicte le choix entre le cœur et la raison. La particulière géographie de notre Province lui dictera un choix qui sera celui de la raison : avoir une identité de « Province-Etat » lui permettant de négocier des accords particuliers qui harmonisent ses pratiques politiques, économiques et culturelles avec les Pays qui l’entourent. Entre son actuel statut proconsulaire, son rôle de marché, sa soumission politique , sa submersion économique conduisant à sa caporalisation idéologique, le Kivu doit tenter de s’engager sur une voie qui le lie à l’Afrique de l’Est sans le détourner du Congo. Ses intérêts économiques sont à l’Est, ses intérêts politiques et sociaux sont chez lui, au Kivu même, alors que ses intérêts historiques sont au Congo.

Enfin, il est prévisible que le Kivu, somme de contradictions multiples, s’assume et assume son destin économique indépendamment de son adhérence politique ou de son adhésion idéologique actuelles liées au mythe de l’Etat-Nation. Nul doute que cela perturbe ses élites, ses bourgeoisies bureaucratico-administratives et toutes les autres couches de sa société.

Comment aller vers l’idéal en tenant compte du réel ? Comment envisager l’avenir en ayant les yeux tournés vers le passé ? Comment aménager un « Pouvoir » sans « Etre » et sans « Avoir » ? Comment être et avoir été ? Toute cette kyrielle de questions trouve des réponses dans l’idéal du « compter sur soi » (kujitegemea), dans l’Afrocentrisme, dans le Panafricanisme, dans la mise sur pied de

la Communauté

des Pays du Bassin de

la Ruzizi

car, après tout, il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.


[1]              BUHENDWA ELUGA ESSY est Docteur en Sciences Politiques (Univ Rennes I) et en Sociologie du Développement (Univ Paris-I Panthéon – Sorbonne). Auteur d’une thèse sur la pensée et la pratique politiques de Julius Kambarage NYERERE, Consultant à

la BCC

,

la Voix

de l’Allemagne,

la Voix

de l’Amérique, Radio Japon et Radio TEHERAN, il est actuellement Professeur de Sciences Politiques à l’Université Officielle de Bukavu. Directeur du Centre de Recherches et d’Etudes sur l’Afrique Orientale et des Grands Lacs (CREAOGL), il poursuit des recherches sur le  pouvoir politique des langues et les répercussions de l’intégration régionale de l’aire swahili sur le Kivu.

                J’en appelle au changement immédiat de cette dénomination « Sud-Kivu » pour l’appeler Province du KIVU ou Province de

la Ruzizi

pour la bonne et simple raison que l’actuelle Province du Sud-Kivu occupe plus de la moitié du Lac Kivu et, abrite ainsi, par Idjwi, la plus grande île de l’Afrique Continentale. Bien plus, elle occupe plus de la moitié de

la Rivière

aux allures d’un fleuve –

la Ruzizi

-, privilège que ne lui dispute aucune autre Province du Congo, du Rwanda ou du Burundi

[2]              Le plus grand voisin – en termes de superficie est le SOUDAN qui est légèrement moins peuplé que

la Tanzanie

mais qui est, par ailleurs, le plus grand pays d’Afrique.

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A travers les langues et sous les mots

SUPERSTITIONS

(Falsekredennoù, treuzkredennoù)

Par Prof Buhendwa Eluga Essy


1- Kula gizani ni kula na shetani.

Manger dans l’obscurité, c’est manger avec le diable


To eat in the dark is to eat with the devil.




2- Kushona nguo mwilini kunaleta ufukara; tabia
hii aidha inajongeza kifo, maana inakuwa

kama


mtu anajishonea sanda yake mwenyewe.

Coudre un habit alors qu’on le porte conduit à la pauvreté, cette habitude multiplie les chances d’une mort premature car c’est comme si on se coût son proper linceul soi-même.


To mend a garment which is on one’s body
brings poverty: it also suggests preparing
one’s own shroud, which betokens death.


3- Kufagia usiku kunakimbiza baraka.

Balayer pendant la nuit fait fuir la benediction


To sweep at night is to chase away blessings.


4-  Kutembea hali ya kuwa mtu amevaa kiatu
kimoja tu kunavimbisha ziwa la mama yake
mtu.

Marcher dans cet état curieux où on ne porte qu’une seule chaussure sur un pied provoque le gonflement de seins de sa propre mère


Walking about with only one shoe on causes
one’s mother’s breast to swell. (I suppose this
is simply to discourage the stupidity of going
about with only one shoe on.)



5- Mtu akinywa maji usiku pasipo na kuufunika mtu-
ngi, usiku roho yake itaingia ndani ya mtungi na
akitokea mtu akaufunika huo mtungi wakati
huo huo, basi atakufa papo hapo.

Quiconque boît de l’eau pendant la nuit sans couvrir la cruche verra son âme tomber dans la cruche durant cette même nuit ; si quelqu’un apparaît et couvre la cruche, alors ce dernier mourra au même même moment.

If a man drinks water at night and leaves the vessel uncovered, his soul will plunge into it during the night, and if someone accidentally puts the lid on, he will die at once.



7-  Mtu akiona. chungu ya wadudu sisimizi ukutani
basi atafikiwa na wageni wa ghafla.

Si quelqu’un aperçoit une foule de fourmis sur un mur, cela veut dire qu’il aura des hôtes (invités) venus à l’improviste


If a man sees a swarm of ants on the wall it means that unexpected guests will arrive.



8- Kwenda kulala pasipo na kuosha miguu, basi hiyo
miguu italazwa katika moto wa Jahannam.

Aller dormir sans se laver les pieds, alors ces pieds iront dormir en Enfer


If one goes to bed without washing one’s feet, they will lie In the fires of Hell.



9- Mtu akilala pasipo kuosha miguu, nyayo zake
zitarambwa na shetani.

Si quelqu’un va dormer sans se laver les pieds, les traces de ses pieds seront léchés par le Diable.


If a man goes to bed without washing his feet, the soles of his feet will be licked by the devil.


10-  Mtu akila bila ya kupiga Bismillahi . . basi
baraka itaondoka na mtu hataweza kushiba.

Si quelqu’un mange sans prononcer le “Bismillah”, alors il verra sa benediction disparaître et il ne pourra pas être rassasié.


If a man eats without saying grace, there will
be no blessing, so the food will not suffice.


11-
Mtoto mchanga akiachwa peke yake, atageuzwa
shetani.

Un bébé laissé seul dans une chambre   se métamorphose en Diable


If a baby is left alone in a room it will be
changed by the devil for his own



12- Mwenye kufanya mazowea ya kukaa kizingitini
atakawia kuoa.

He who develops a habit of sitting on a door-step will be late in getting married.

Celle ou celui qui prend l’habitude de s’asseoir au devant de la porte, se mariera sur le tard



13- Kula wima kizingitini, mtu atapigwa dafrau na
shetani.


He who eats while standing on the door-step will be knocked down by a devil. in tended to
discourage the habit of eating in such abnormal places.

Manger debout au-devant de la porte est une invitation faite au diable



14- Kula kitu kitamu kinjianjia mtu atasibiwa na shetani.


He who eats sweet food while walking will be possessed of a devil. (It is regarded as bad
manners to eat while walking.

Manger des friandises ou déguster des sucreries dans la rue est une façon d’inviter le diable



15- Kumchungulia mtu mzima aliyekaa uchi kunaleta upofu.

Le regard porté sur un(e) adulte en tenue d’Eve entraîne la cécité

Looking at a grown-up person naked will bring blindness.

16- Kuzaliwa na vidole sita ni mabruki.


To be born with six fingers Is to have good
fortune.

Naître avec 6 doigts sur une main est un signe annonciateur d’une fortunité future

16- Mwenye kula miguu ya kuku atakuwa daima
katika mwendo tu


He who eats a fowl’s legs will become a wanderer.

Celui qui mange les pattes d’une poule est condamné à la situation de voyageur éternel.



17- Kupeana mkasi mikono kwa mkono kunasabibisha kuchukiana bure.


Handing over a pair of scissors to someone directly causes hatred.

S’entredonner les ciseaux, de main en main, entraîne une haine inutile entre les gens qui le font.

18- Kukaa juu ya mto kunaleta majipu matakoni.


Sitting on cushions causes boils on the but-tocks.

S’asseoir sur un oreiller a pour conséquence l’apparition des furoncles dans le derrière (au cul)

19- Kukutana na paka mweusi usiku ni nuksi.


Meeting a black cat at night means bad luck.

Croiser un chat noir durant la nuit est un signe annonciateur d’un inéluctable et imminent malheur.

20- Kunywa maji ya chooni kunapeleka mtu kuwa mwongo.


Drinking water from the lavatory makes a man a liar. (Intended to discourage so unwholesome a habit.)

Boire l’eau puisée dans les toilettes rend menteur




21-Kumbusu mtoto usingizini kunasabibisha mtoto huyo kuwa na majivuno ukubwani mwake


Kissing a sleeping child will make It grow up conceited.

L’habitude de faire des bisous à un enfant pendant son sommeil entraîne le fait que, devenu adulte, cet enfant soit orgueilleux et vaniteux.


22-  Kupiga uluzi ni kuita shetani.


To whistle is to call the devil.

Siffler c’est inviter (appeler) le diable




23- Mwenye kuzowea kula ndani ya chungu atapata mvua kubwa siku ya harusi yake.


One who eats straight from a cooking-pot will have heavy rain on his wedding day.

Celui (celle) qui prend l’habitude de manger directement dans la marmite affrontera une pluie diluvienne le jour de son mariage.


24- Mtoto mwenye kuchezea kivuli chake cha taa atakojoa kitandani.


A child who plays with his shadow cast by a lamp will wet his bed.

L’enfant qui joue avec l’ombre de sa lampe fera pipi au lit


25- Kuuza chumvi usiku ni nuksi kwa mwenye duka.


Selling salt at night brings ill luck to the shopkeeper. (This belief is so deep-rooted)

Vendre du sel pendant la nuit entraîne l’infortune, la faillite et la ruine du propriétaire du magasin

« Tu vije d’an dilabourerien klask krouiñ o embregerezh kentoc’h eget klask kaout ar skorennoù dilabour. »

(Raymond Barre)

« Kentoc’h Breizh eget

Dahomey

. »

(Raymond Castur)

« Ma ouzhpennit d’an dra-se an trouz hag ar c’hwezh, al labourer war ar bondalez a dro da sot. »

(Jacques Chirac)

« Morse war tachenn ar brezel, n’o doa bet kement a dud un hevelep dle e-keñver un niver ken bihan a dud all. »

(W.Churchill)

« Istor ar pobloù hep istor…a zo istor o strourm enep ar stad. »

(Pierre Clastres)

« Eñ eo hennezh, me eo me. »

(Laurent Fabius)

« Betek pelec’h ne bigno ket? »

(Ger-stur ar familh Fouquet)

« N’emañ ket monopol ar galon ganeoc’h. »

(Valery Giscard d’Estaing)

«Dont a rafe Frañs da vezañ trevadenn he zrevadennoù bet. »

(Edouard Herriot)

« Arabat eo da Bariz kouezhañ etre daouarn an enebour, pe neuze e rank an enebour kavout un tachenn dismantroù ha tra ken. »

(Hitler)

« Te ivez, ma mab. »

(Kaesar)

« Eus Berlin on »

(Kennedy)

«Bezit pennek da chom hep servij mui hag e voc’h dieub. »

(

La Boétie

)

« Ar gomunouriezh a zo kement hag ar soviet mui an tredan. »

(Lenin)

« Digablus e varvan, pardonniñ a ran d’am enebourien. »

(Loeiz XVI)

« Alese eo ret d’ar Priñs a glask bezañ gwarantet deskiñ da vezañ fall. »

(Machiavel)

« Hep kelennadur dispac’hel, luskad dispac’hel ebet.»

(Mao)

« Un huñvre a ran. »

(Martin Luther King)

« Kas a ra dre ret stourm ar renkadoù da ziktatouriezh ar broletaerien. »

(Marx)

« Ar broletaerien n’int eus bro ebet.»

(Marx hag Engels)

«Aljeria a zo Frañs. »

(François Mitterand)

«E penn ar piramidennoù-mañ, daou-ugent kantved o sellet ouzhoc’h.»

(Napoleoñs)

« Drouklazhet o deus Jaurès…krog ar brezel»

(Marguerite Poisson)

« Arabat eo lavaret « pennoù a bilo » met ret eo lavaret pere ha buan. »

(Paul Quilès)

« Pleg da benn fier SICAMBRE. »

(Sant Remi, eskob

Reims

)

« An Indianed vat nemeto am eus gwelet a oa ar re varv. »

(Philip Sheridan)

« Ar Pab, pet rann-arme? »

(Stalin)


Expressions populaires bretonnes traduites en Swahili

1.  Lipat e loa

2.  Roeñvat war gornog

3.  Mankout ul loaiad dezhan

4.  Bezañ badezet gant eoul gad

5.  Bezañ ganet d’ar sadorn da noz

6.  Lakaat e voned ruz

7.  Gwiskañ bonedoù da unan benak

8.  Ober kalz a deil gant nebeut a blouz

9.  Bezañ an diaoul en e yalc’h

10.                   Sechañ an eil dorn gant egile

Kanga: le dit dans le non-dit ou comment taires ses dires

swahili

breton

anglais

Commentaire en français

Adui ni mdomo wako

Da muzelloù zo da enebour

Your lipes are your enemy

Nos principaux ennuis proviennent du fait de trop parler

Akili ni mali

An empenn a zo un teñzor

Brains are wealth

Amani, upendo, umoja

Peoc’h, karantez, unvaniezh

Peace, love, unity

Paix, amour, unité

Anayechekea kovu ya mwingine, hajajeruhiwa bado

An hini a c’hoazh eus gbizenn an hini all, n’eo ket bet gloazet c’hoazh

The person who laughs at another’s scar has not bet woonded yet

Apendaye halipizi

An hini a gar ne dial ket

The one who loves doesn’t take revenge

Bahati haina hodi

Ar c’hans ne gustum ket skeiñ ouzh an nor

Luck doesn’t give a warning sign

La chance ne s'annonce pas

Bila jasho huishi

Ne vevez ket hep labourat

You don’t live without working

Bora maisha, mengine ni majaliwa

Ar vuhez a zo ar prof gwellañ, ar rest a zo ouzhpenn

Life is the best gift, the rest is extra

Cha kukupa sina ila nakuombea dua

Ne m’eus netra da reiñ dit estreget ur peden

I have nothing to give you except to pray for you

Cheka nao lakini si wema  kwako

C’hoarzh ganto met ne n’int ket mat evidout

Laugh with them, but they aren’t good for you

Elimu ni bahari

Deskadurezh ‘zo

ur

meurvor

Education is an ocean

Fitina ni sumu baridi

Gwarizi ‘zo un poeson yen

Jealousy is cold poison

Fuata nyuki ule asali

Ma ‘z peus c’hoant debriñ mel, heul ar gwenan

If you want to eat honey, follow the bees

Furaha ya arusi ni kupendana

Levenez d’un eured a zo d’en em garout

The joy of a wedding is to love one another

Furaha yako ni furaha yangu

Da levenez zo va levenez

Your joy is my joy

Hapana siri ya watu wawili

N’ez eus sekret ebet etre daou zen

There is no secret betwen two people

Hifadhi utamaduni wetu

Mir ho sevenadur

Preserve our culture

Karibu mgeni

Ar gweladenner zo degemeret

The visitor is welcome

Karibu mpenzi

Degemer mat, dousig

Welcome my darling

Kawia ufike

Gwell eo mont war e bouezig hag en em gavout e poent

Better delay and get there

Kazi mwanamandansa, kulala njaa kupenda

Work is an obedient child, sleeping hungry is one’s choice

Kidogo changu pokea na dua njema nakuombea

Please accept this little from me along with my prayers

Kupata si werevu na kukosa si ujinga

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Kivuscopie, Kivugonie?

UNE KIVUSCOPIE QUI VOUS SAUVE

       Par Prof BUHENDWA ELUGA ESSY

                  Le Kivu – c'est-à-dire l’actuelle Province du Sud-Kivu – est à la croisée des chemins tant du point de vue de son histoire que de sa géographie. Etant donné que l’ « histoire – géographie » dicte aux entités et aux identités leurs destins politiques et économiques, penser le monde à partir du point de vue du KIVU est un impératif pour les acteurs politiques, les décideurs économiques et les praticiens de l’ingénierie sociale. 

                  Cet article se propose de situer le KIVU géographiquement en vue de tirer les conséquences politiques, économiques et sociales de cette particularité, de cette singularité qu’est le KIVU[1]

I.                   Particulière, singulière géographie

                  Gaston Bachelard disait que « le point de vue crée l’objet ». Cela se traduirait, en latin d’église, par le fait que les considérations économiques, politiques et géographiques portant sur le KIVU doivent se définir, se concevoir à partir des réalités du KIVU. Appelons cela « Kivugonie » ou « Kivuscopie » et nous verrons qu’à l’intérieur du continent africain, notre Province joue les rôles de battant, de charnière et de tremplin qui nous ouvrent sur l’Afrique de l’Est et le reste du Congo, nous relient aux  langues et civilisations bantu, nous propulsent  dans l’Economie de l’Océan Indien Occidental et, par conséquent, dans la mondialisation.

                  La première particularité géographique et ethno-administrative du KIVU se découvre quand on regarde sa carte : un immense Territoire – SHABUNDA- dans la partie occidentale de

la Province

, est frontalier de tous les autres territoires, exceptés UVIRA et IDJWI. En même temps, ce territoire fait le pont entre le KIVU et les autres provinces swahiliphones du Congo : Katanga, Nord-Kivu et Province Orientale. Cette particularité se double du fait que dans la partie orientale du Kivu, quatre territoires (Idjwi, Kalehe, Kabare, Walungu) qui n’ont même pas la moitié de la superficie de Shabunda, abritent plus de la moitié de la population du Kivu, avec des densités comparables à celles du Rwanda et du Burundi qui, comme chacun le sait, sont les plus fortes du continent.

                  Une telle réalité repose la question de la démocratie, de la représentation politique et de leurs implications économiques dans une Province où « Kabare-Walungu », « Barega-Bashi », « Muungano-Bukavu Dawa » n’évoquent pas que des liens de franche camaraderie, d’alliance ou de complémentarité.

                  La seconde particularité se retrouve dans le fait que deux territoires (FIZI et UVIRA) relient le KIVU au KATANGA, à l’Afrique Australe (Uvira-Mpulungu), à l’Afrique Orientale (Uvira – Bujumbura – Kigoma – Dar es Salaam) par la voie de notre singulière « trinité aquatique » (lac Kivu, Ruzizi, lac Tanganyika).

                  Cette seconde particularité se double aussi du fait que Uvira et Fizi sont voisins du territoire de Mwenga. Territoire central, fief des LEGA – autant que Shabunda – Mwenga a à ses frontières, tous les territoires du Kivu exceptés KABARE, KALEHE et IDJWI. Traversé par l’Elila, Mwenga et Shabunda connectent le Kivu au fleuve CONGO au bassin du fleuve Congo.

                  La troisième particularité du KIVU se remarque par sa « synthèse des identités multiples » : identités agro-pastorales, identités ethno-tribales, identités confessionnelles, identités rurales, identités urbaines,…qui culminent dans le « FAIT SWAHILI ».

                  Le KIVU est, en réalité, au centre du monde swahili, de l’aire swahili, de la cosmogonie bantu.

A la lisière de la forêt équatoriale et sur les bords du Bassin du Congo, le Kivu constitue les premières marches de l’Afrique Orientale, avec ses lacs, ses savanes et ses montagnes qui, en Afrique, n’ont pas d’équivalent (Lac Victoria, SERENGETI, Masai-Mara, Kilimanjaro).

                  Au cœur de l’aire swahili et du monde bantu, le Kivu – vu du Kivu – n’est pas une Province enclavée. Bien au contraire : elle est un réceptacle, un creuset de langues et cultures, une synthèse géologique, géophysique et géographique à partir desquels doivent se concevoir des plans économiques, politiques et géostratégiques nouveaux l’intégrant à l’Afrique Orientale sans le détacher du Congo.

                   Dès lors, il convient de se poser la question de savoir quelle « Communauté »  politique ou économique se lier pour que ces particularités servent, effectivement, lors du « rendez-vous du donner et du recevoir » auquel toutes les cultures sont conviées.

          II- Destins politiques, économiques et culturels du Kivu

L’effritement politique, économique et diplomatique du CONGO concomitant et corrélatif à l’effilochement, voire au délabrement, de son tissus social et culturel condamnent les populations originaires du KIVU à panser toutes les plaies et à repenser le rôle de cette entité tant sur la scène nationale congolaise que sur la scène régionale d’une Afrique Orientale et des Grands Lacs en pleines mutations.

                  L’idéal du PANAFRICANISME, version  NKRUMAH et NASSER, faisant suite au combat millénaire de l’émancipation des peuples noirs avec, entre autres, le gigantesque travail de WEB du Bois, MARCUS GARVEY, René MARAN, Léopold Sédar  SENGHOR le regretté Aimé Césaire – l’idéal du panafricanisme, disais-je- est en train de se revigorer idéologiquement et de s’adapter à l’air du temps.  La volonté de  réaliser le Panafricanisme sur une base régionale et non plus à partir du schéma de l’Etat-Nation a vu consacrer les thèses de Nyerere face à celles de Nkrumah. Dès lors, le modèle même de l’Etat-Nation  est devenu un principe d’organisation politique obsolète, dépassé même en Europe où il a vu le jour.

                  La position du KIVU sur la scène régionale est particulièrement intéressante tant il est vrai que

la POLITIQUE

et l’ÉCONOMIE d’une entité lui sont dictées par sa géographie.

                  Que nous montre, dès lors, la géographie du KIVU pour que nous puissions comprendre à quelle communauté nous joindre, et jusqu’à quel degré pour que cela ne consacre pas notre submersion économique, notre soumission politique et notre caporalisation idéologique ? Que pouvons-nous faire qui ne fige pas dans le marbre notre rôle de PROCONSULAT et de MARCHE-DEPOTOIR ou ne nous confine dans des rôles politiques auxiliaires mais réellement ancillaires ? Comment inventer une CULTURE POLITIQUE, des pratiques économiques et une VISION DU MONDE qui ne dépendent plus de choix souvent pris loin du KIVU, sans le KIVU et, donc, contre le KIVU ?.

                  Pour échafauder l’ombre du début d’une esquisse de réponse à ce chapelet de questions, je me propose de le faire en invoquant, de manière sommaire, les Impératifs liés à la géographie et à l’histoire (A) les Nécessités que dictent l’afrocentrisme, le panafricanisme et la mondialisation (B) avant de faire un choix délicat, entre le POSSIBLE et le PROBABLE à partir du PREVISIBLE (C) autour d’une « Communauté » à laquelle adhérera le KIVU qui, à mon sens, adhérera ou ne sera plus.

A-UNE APPARTENANCE COMMUNAUTAIRE DICTEE PAR LES IMPERATIFS DE L’HISTOIRE ET DE

LA GEOGRAPHIE

                  

                  Tour à tour et en même temps, déversoir du Lac Kivu, affluent du Lac Tanganyika, jonction frontalière entre

la RDC

, le Rwanda et le Burundi,

la Rivière Ruzizi

 est un lien politique, économique et culturel de toute première importance.

La Ruzizi

est le « concept géographique » fournissant tous les arguments idéologiques permettant de dépasser

la CEPGL

pour créer

la CEPRR

 (Communauté Economique des Pays Riverains de

la Ruzizi

) ou CEPBR (Communauté Economique des Pays du Bassin de

la Ruzizi

).

Plus grand que le Rwanda, le Burundi et l’Uganda réunis, le Sud-Kivu partage les frontières avec le plus grand voisin du CONGO en terme démographique et linguistique[2] - 

la Tanzanie.

                  Cette frontière avec

la Tanzanie

– par ailleurs, plus grand pays de la communauté de l’Afrique de l’Est – est intéressante pour une PROVINCE aux dimensions étatiques mais aux ambitions floues, souffrant d’un COMPLEXE PROCONSULAIRE, reléguée dans un rôle de « pépinière » de leaders auxiliaires et d’intellectuels organiques.

                  L’intérêt de l’analyse  réside dans le fait que de part et d’autre du Lac Tanganyika, de

la Ruzizi

et du Lac Kivu on parle la plus importante langue d’Afrique : le Kiswahili. Ce Kiswahili dont le CONGO compte le plus  grand nombre de locuteurs alors même que

la KIVU

est

la Province

la plus swahiliphone de tous les pays de l’aire swahilie. Mais cet intérêt n’est pas que linguistique. Il est aussi économique et, donc politique : via le Lac TANGANYIKA, le KIVU est en prise directe avec les ports de DAR ES SALAM et de DURBAN – via KIGOMA (Tanzanie) et MPULUNGU (Zambie).

Cet intérêt place UVIRA au cœur d’une réflexion et d’une considération que lui refuse l’esprit cocardier des BUKAVIENS et/ou des Gomatraciens, sans parler de l’inexistence de toute analyse prospective des bureaucrates installés dans les bureaux lambrissés et climatisés de Kinshasa.

                  

La RUZIZI

qui nous unit plus qu’elle ne nous sépare du BURUNDI et du RWANDA. Le Lac KIVU qui nous rapproche plus qu’il ne nous éloigne du Rwanda. Le lac Tanganyika nous ouvre plus qu’il ne nous isole du reste de l’Afrique Orientale

                  

Si le Lac Kivu,

la Ruzizi

et le Lac Tanganyika nous ouvrent à l’Afrique de l’Est, à l’Afrique australe et au monde, nos territoires de MWENGA et de SHABUNDA nous relient au Bassin du Congo par le truchement de l’Elila.

                  La géographie du KIVU nous ouvre au monde autant qu’elle nous retient sur nos racines, comme pour nous dire d’agir localement et de penser globalement. Elle nous convie au rendez-vous du donner et du recevoir en même temps qu’elle nous préconise d’y aller sans œillères, sans mépris à l’égard de notre identité, de notre négrité, de notre négritude.

                  Les impératifs de la géographie sont, donc, à l’œuvre dans notre recherche d’appartenance communautaire. Il en existe aussi d’historiques : les formes d’organisation des pouvoirs dans nos groupes ethno-tribaux, les soumissions similaires aux « croisades » euro-chrétiennes et aux « jihads » arabo-islamiques, les mêmes tâtonnements développemantalistes au lendemain des « indépendances du drapeau », les mêmes errements dans l’exercice du pouvoir…

                  Alors que les Royaumes du Burundi et du Rwanda sont devenus des « Etats-Nations », ceux du BUSHI, du BUFULIRU, du BUNYINDU se sont « fondus » dans un « Grand Ensemble Vertical », pour reprendre l’expression de Michel Rocard, à telle enseigne que nous regardons, avec les yeux de Chimène, nos deux anciens royaumes rivaux, concurrents.

                  Maintenant que l’histoire et les destins inéluctables de toute construction humaine nous ramènent à des réalités où l’économie tient le politique en l’état, où l’Etat-Nation cède le pas à la construction régionale ou communautaire, nous ne savons plus, au KIVU, sur quel pied danser ou à quel saint se vouer.

                   Dès lors, n’est-il pas venu le temps de recourir à nos racines afrocentristes en tenant compte des nécessités que dictent le Panafricanisme et

la Mondialisation

?

B- AFROCENTRISME, PANAFRICANISME ET MONDIALISATION

          Le Kivu se construira d’abord sur la base de ses identités ethno-tribales (lega, shi, vira, fuliru, nyindu, bwari, bembe, havu, tembo) sur lesquelles s’élèveront les entités administratives qui les emboîtent, telles des poupées gigognes, à l’ensemble d’autres subdivisions supérieures (territoire, province, Etat central). C’est à partir d’un recours aux sources africaines et ses cosmogonies dont l’identité ethno-tribale est le réceptacle qu’il faut envisager un développement susceptible de permettre aux terroirs de penser localement pour espérer agir globalement. Cela s’appelle « glocalisation ». Quelque neuf que soit ce concept, il n’en traduit pas moins une idée ancienne qui consiste à partir de l’infrastructure socio-culturelle pour construire, en dernière instance,  la superstructure économico-politique. Cela veut dire, tout simplement, qu’à partir des réalités locales (végétation, climat, langues, us et coutumes, interdits, pratiques diverses) on doit mettre en place des conditions nouvelles d’existence qui puissent permettre d’aller au rendez-vous du donner et du recevoir qu’exige la mondialisation. L’identité ethno-tribale est la condition sine qua non de l’Afrocentrisme et, donc, du Panafricanisme.

          Concrètement, au Kivu, nous nous devons de penser à protéger nos langues ethno-tribales, écrasées par les effets conjuguées des langues coloniales et des langues nationales autoproclamées. C’est comme si, d’une part, on avait un marteau (les langues coloniales) et, d’autre part, une enclume (les langues nationales autoproclamées) qui écrasent nos langues, identités, us et coutumes dans le mortier (l’Etat congolais). Ceci conduit à l’aliénation mentale, à la soumission politique et à la submersion économique nous livrant, pieds et poings liés, à la rapacité de nos voisins.

          En nous donnant comme idéal que « Binadamu wote ni sawa, Afrika ni moja », nous sommes en mesure de construire l’idéal de l’Unité ou de l’Union africaines mais en respectant ce qui fait la particularité, la spécificité ou la singularité de chaque entité ethno-tribale.

          C’est pour cela que nous devons introduire des enseignements de nos langues dans toutes les Ecoles en les harmonisant avec la véritable « lingua franca » qu’est devenu le Swahili, mais aussi en apprenant des langues au-delà d’anciennes langues coloniales (anglais, français, portugais, arabe…). Cela veut dire qu’à partir du « socle » ethno-tribal, il faudra apprendre une ou deux de quatre langues nationales autoproclamées (swahili, lingala, kikongo, tshiluba). Il faudra, ensuite apprendre concurremment le Français  l’Anglais et une autre langue à large diffusion internationale (hindi, chinois, russe, allemand, yoruba, amharique…)

          Construire la panafricanisme à partir de l’afrocentrisme exige une révolution dans la méthode, une ordalie d’épuration intellectuelle et un volontarisme politique à toute épreuve. C’est un choix qui exige un « saut qualitatif » qui est, en même temps, un tremplin vers la renaissance de nos identités bafouées, souillées, avilies par des siècles de dominations consécutives aux « croisades euro-chrétiennes » et aux « jihads arabo-islamiques »

          Ce saut qualitatif ne peut s’opérer qu’à partir de choix tenant compte du possible, du probable et du prévisible.

C- CHOIX A PARTIR DU POSSIBLE, DU PROBABLE ET DU PREVISIBLE

L’Union africaine qui se construit, désormais, à partir d’ensembles régionaux fait que le Kivu est écartelé entre

la Communauté

de l’Afrique de l’Est (CAE) et

la Communauté Economique

des Etats de l’Afrique Centrale (CEAC). Le Kivu est aux premières marches des deux Communautés et peut, naturellement, géographiquement, jouer le rôle de trait d’union, de battant ou de pivot.

Dès lors, il est possible d’imaginer quelques scénarii et montrer qu’entre les deux Communautés (CAE et CEEAC), le Kivu ne peut pas se résigner à choisir de ne pas choisir. Sa proximité géographique avec les Pays de

la Communauté

de l’Afrique de l’Est, le partage d’une même langue à  large diffusion continentale (le Swahili), les similarités diverses et variées entre les organisations politiques précoloniales (Buganda, Bushi, Busoro, Burundi, Bunyankore, Buha, Bulega, Bubembe, Bufuliru, Rwanda…), sa connexion aux réseaux lacustres, routiers et ferroviaires de l’Afrique Orientale, l’appartenance à l’aire d’expansion de la civilisation bantu que  délimite l’expression du Kiswahili, etc…font que le Kivu a les yeux de Chimène pour

la Communauté

de l’Afrique de l’Est même si un « mariage de raison » le laisse dans un Congo qui, apparemment, a fait le choix de

la Communauté Economique

des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) dont nous assurons, actuellement,

la Présidence.

Il est, dès lors, probable que nous aurons à opérer un choix qui permettra à notre Province de sortir de cet écartèlement que lui dicte le choix entre le cœur et la raison. La particulière géographie de notre Province lui dictera un choix qui sera celui de la raison : avoir une identité de « Province-Etat » lui permettant de négocier des accords particuliers qui harmonisent ses pratiques politiques, économiques et culturelles avec les Pays qui l’entourent. Entre son actuel statut proconsulaire, son rôle de marché, sa soumission politique , sa submersion économique conduisant à sa caporalisation idéologique, le Kivu doit tenter de s’engager sur une voie qui le lie à l’Afrique de l’Est sans le détourner du Congo. Ses intérêts économiques sont à l’Est, ses intérêts politiques et sociaux sont chez lui, au Kivu même, alors que ses intérêts historiques sont au Congo.

Enfin, il est prévisible que le Kivu, somme de contradictions multiples, s’assume et assume son destin économique indépendamment de son adhérence politique ou de son adhésion idéologique actuelles liées au mythe de l’Etat-Nation. Nul doute que cela perturbe ses élites, ses bourgeoisies bureaucratico-administratives et toutes les autres couches de sa société.

Comment aller vers l’idéal en tenant compte du réel ? Comment envisager l’avenir en ayant les yeux tournés vers le passé ? Comment aménager un « Pouvoir » sans « Etre » et sans « Avoir » ? Comment être et avoir été ? Toute cette kyrielle de questions trouve des réponses dans l’idéal du « compter sur soi » (kujitegemea), dans l’Afrocentrisme, dans le Panafricanisme, dans la mise sur pied de

la Communauté

des Pays du Bassin de

la Ruzizi

car, après tout, il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer


[1]              Dans mes écrits, et de mon point de vue, la dénomination « KIVU » sous entend l’actuelle Province du Sud-Kivu dans ses territoires de FIZI, IDJWI, KABARE, KALEHE, MWENGA, SHABUNDA, UVIRA et WALUNGU. En effet, l’actuelle dénomination de notre Province doit être changée pour des raisons pratiques, culturelles, idéologiques et politiques qui tiennent essentiellement au fait que, de toutes les Provinces de

la RDC

et du Rwanda qui entourent le lac Kivu, notre Province « possède » la plus grande partie du lac et de ses îles. Et comme « cerise sur le gâteau », l’île d’Idjwi est la plus grande île de toute l’Afrique continentale. Le Kivu est aussi

la Province

de

la RDC

, la plus ouverte sur d’autres Pays Africains (Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zambie et, par proximité, Soudan, Uganda et Kenya). C’est, enfin, statiquement,

la Province

la plus swahiliphone de tous les pays de l’aire swahili.

[2]              Le plus grand voisin – en termes de superficie est le SOUDAN qui est légèrement moins peuplé que

la Tanzanie

mais qui est, par ailleurs, le plus grand pays d’Afrique.


[1] BUHENDWA ELUGA ESSY est Docteur en Sciences Politiques (Univ Rennes I) et en Sociologie du Développement (Univ Paris-I Panthéon – Sorbonne). Auteur d’une thèse sur la pensée et la pratique politiques de Julius Kambarage NYERERE, Consultant à

la BCC

,

la Voix

de l’Allemagne,

la Voix

de l’Amérique, Radio Japon et Radio TEHERAN, il est actuellement Professeur de Sciences Politiques à l’Université Officielle de Bukavu. Directeur du Centre de Recherches et d’Etudes sur l’Afrique Orientale et des Grands Lacs (CREAOGL), il poursuit des recherches sur le  pouvoir politique des langues et les répercussions de l’intégration régionale de l’aire swahili sur le Kivu.
J’en appelle au changement immédiat de cette dénomination « Sud-Kivu » pour l’appeler Province du KIVU ou Province de

la Ruzizi

pour la bonne et simple raison que l’actuelle Province du Sud-Kivu occupe plus de la moitié du Lac Kivu et, abrite ainsi, par Idjwi, la plus grande île de l’Afrique Continentale. Bien plus, elle occupe plus de la moitié de

la Rivière

aux allures d’un fleuve –

la Ruzizi

-, privilège que ne lui dispute aucune autre Province du Congo, du Rwanda ou du Burundi

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Communauté Economique des Provinces du Bassin de la Ruzizi

ET DEMAIN LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES PAYS DE LA RUZIZI (CEPRR) Par BUHENDWA ELUGA ESSY Le temps est venu de nous débarrasser de « prêts-à-porter » idéologiques et politiques hérités de la colonisation mais aussi des automatismes verbaux et mentaux qui s’y attachent depuis notre « fameuse » indépendante du drapeau. La dénomination « Communauté Economique des Pays des Grands Lacs » est une supercherie intellectuelle doublée d’une escroquerie politique. En effet, les « pays » des Grands Lacs comprennent, outre les 3 anciennes colonies Belges, aussi, le Kenya, l’Uganda, la Tanzanie, le Malawi et la Zambie à cause des Lacs Edouard, Albert, Victoria, Tanganyika et Nyasa. Limiter la CEPGL aux seules 3 anciennes colonies Belges (Rwanda, Burundi, RDC) cache mal l’idée implicite selon laquelle il s’agit d’une « communauté francophone » face à une « communauté anglophone ». L’idée d’une communauté économique ou politique susceptible d’intégrer le Congo, le Rwanda et le Burundi autour d’un « CONCEPT géographique » ne peut se faire qu’autour de la Ruzizi et non autour d’un LAC (Kivu ou Tanganyika). Et dans tout cet échafaudage institutionnel, l’actuelle province du « Sud-Kivu » devra jouer un rôle de tout premier plan pour cesser d’être un TREMPLIN POLITIQUE pour des hommes en quête d’un destin national à Kinshasa et en même temps cesser d’être un MARCHE « appendice » ou « dépotoir » de la communauté de l’Afrique de l’Est. La Province du KIVU, à la périphérie d’une République Démocratique du Congo qui a toutes les allures d’un colosse aux pieds d’argile, ne pourra exister que si elle débarrasse de son COMPLEXE PROCONSULAIRE. Elle devra se créer une IDENTITE fondée sur ses entités et ses réalités qui la mettent aux premières marches de la Communauté de l’Afrique de l’Est, à partir de la RUZIZI et les lacs KIVU et Tanganyika (I). En même temps, le Kivu doit se prendre en charge, compter sur soi (KUJITEGEMEA) (II) en oeuvrant pour la création de la CEPBR tant il est vrai qu’il n’ y a pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. I. KIVU, RUZIZI, TANGANYIKA : LES PREMIERES MARCHES DE LA COMMUNAUTE DE L’AFRIQUE DE L’EST La géographie fait du Kivu, une Province qui est frontalière du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie et de la Zambie en étant tout proche de l’Uganda et dans le rayon d’influence du KENYA. Aucune autre Province de la RDC ne peut se targuer d’être à moins de 5 heures de route de 3 capitales (Bujumbura, Kigali, Kampala) d’avoir à ses frontières autant de Provinces des pays voisins (Kibuye, Cyangugu, Cibitoke, Bubanza, Bujumbura rural, Makamba, Kigoma) ou autant de Provinces de l’intérieur du Congo (Katanga, Maniema, Nord-Kivu) Etant donné que la politique et l’économie d’une entité lui sont dictées par sa géographie, celles du Kivu doivent, résolument, le tourner vers l’Est sans tourner le dos au CONGO. Ce jeu d’équilibre lui vaudra des « torticolis » d’autant plus que le Kivu ne peut, constamment, envisager l’avenir en ayant les yeux tournés vers le passé. L’avenir du Kivu se joue beaucoup plus à Dar es Salaam, Nairobi, Kampala, Kigali et Bujumbura qu’il ne se joue à Kinshasa. C’est l’évidence même ! Dès lors, comment faire pour que notre Province se débarrasse de son COMPLEXE PROCONSULAIRE et de son rôle de MARCHE « appendice » ou « dépotoir » ? La réponse partielle, voire parcellaire, réside dans une capacité à briser la « ligne Maginot » intellectuelle en vogue dans les milieux de la « petite bourgeoisie » parlementaire ou ministérielle exilée ou déportée à Kinshasa. Cette « ligne Maginot » procède par l’exacerbation des haines et divergences historiques, à attiser les conflits et à souffler sur la braise qui alimente les différents feux qui couvent. Briser cette « ligne Maginot » revient, concrètement, à créer la Communauté Economique des Pays du Bassin de la Ruzizi (CEPBR) ou bien, en lieu et place, créer la Communauté Economique des Provinces Riveraines de la Ruzizi (CEPRR). Etant donné que le Rwanda et le Burundi font partie de la Communauté de l’Afrique de l’Est, et pas le Congo, la Province du Kivu ne peut se permettre d’être la frontière limite du plus grand marché économique, politique et linguistique de l’Afrique que cette communauté est appelée à être. Le Kivu doit prendre en main son destin en desserrant les chaînes qui le lient au Pouvoir Central en panne d’imagination, caractérisé par le nombrilisme Kinois et les analyses à courte vie de son intelligentia, de sa classe politique. A y regarder de près, la véritable Province de l’Est qu’est le Kivu, on s’aperçoit qu’elle est livrée à la gloutonnerie économico-politique des pays voisins en même temps qu’à l’insatiable appétit des richesses, sur base de conçussions et de pratiques véreuses, de ses originaires installés à Kinshasa ou de ses habitants. Il faut enclencher un « cercle vertueux » qui, à partir des recettes fiscales ou douanières, permettra d’harmoniser nos pratiques et politiques linguistiques, fiscales, douanières et administratives avec les pays riverains du Kivu – Ruzizi – Tanganyika. A. HARMONISER LES POLITIQUES ET PRATIQUES LINGUISTIQUES La Province du Sud-Kivu doit mettre en place des « politiques linguistiques » ambitieuses permettant : - La défense et l’illustration des langues ethno-tribales (mashi, kilega, kitembo, kifuliru, kivira, kihavu, kinyindu…) - La généralisation du KISWAHILI dans l’expression politique, dans la presse, l’enseignement technique et professionnel. - L’équipollence et l’équivalence du français et de l’anglais liées au fait que la jeunesse du Kivu cherchera et trouvera du travail beaucoup plus en Afrique Orientale et des Grands Lacs, swahilo-anglophone, que dans l’Afrique Centrale, faussement francophone. B. HARMONISER LES POLITIQUES ET PRATIQUES FISCALES, DOUANIERES ET ADMINISTRATIVES AVEC LA COMMUNAUTE DE L’AFRIQUE DE L’EST Livré, pieds et poings liés, aux lois de l’économie de marché édictées à partir de l’Afrique de l’Est, le Kivu se résoudra, se résignera à subir et, du coup, de manière un peu sado-masochiste, participer à la puissance qui l’écrase. Véritable « heautontimoroumenos » (bourreau de soi-même), le Kivu se trouvera démuni pour appliquer une réglementation conçue et conduite à partir de Kinshasa, totalement déconnecté de pratiques et politiques, fiscales, douanières ou administratives en vigueur ou en vogue chez les Pays voisins ou les Provinces voisines du Kivu. Le Kivu doit se « déconnecter » fiscalement, douanièrement et administrativement des desiderata des administrations centrales installées à Kinshasa. Loin de moi l’idée de penser à une INDEPENDANCE politique mais à une DECENTRALISATION, une DECONCENTRATION et, surtout, une DECENTRATION très poussées qui permettront aux décideurs politiques et économiques de profiter des expertises des Pays voisins pour que la Province du Kivu supporte la comparaison avec les Provinces des Pays voisins (Kibuye, Cyangugu, Cibitoke, Bubanza, Bujumbura rural, Bujumbura, Makamba, Kigoma…). Constituant les premières marches de la communauté de l’Afrique de l’Est sans être un Etat mais une Province à fortes identités, le Kivu pèsera de tout son poids dans un CONGO redessiné en 25 Provinces où très peu auront les moyens et les capacités que lui confèrent sa position géographique, ses identités ethno-tribales, ses particularités et ses singularités. Le KIVU doit songer à compter sur soi pour espérer résister, exister ou subsister. II. COMPTER SUR SOI POUR RESISTER, EXISTER ET SUBSISTER Comme le KIVU ne peut exister que si on il s’invente une IDENTITE et se fixe un DESTIN, il convient de préciser que tout cela ne peut provenir que de la ferme volonté de COMPTER sur soi (KUJITEGEMEA). Compter sur soi implique d’afficher un certain nombre de refus (A) et d’adopter quelques attitudes (B) nouvelles, innovatrices. A. ADOPTER UN CERTAIN NOMBRE DE REFUS Placé à la charnière entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique Centrale, le Kivu doit assumer son rôle de « pivot », de « charnière » entre le CONGO et les Etats de l’Afrique Orientale et des Grands Lacs. Son destin est celui d’une « Province-Etat » qui doit s’affirmer sur une scène régionale où le CONGO ne pèse plus lourd du fait de l’excentricité de sa capitale – Kinshasa – et de la méconnaissance de sa classe politique des réalités politiques, économiques et sociales de l’Afrique Orientale et des Grands Lacs. Dans les circonstances actuelles de sa vie politique et économique, en raison des impératifs que lui dicte sa particulière géographie, le Kivu doit adopter un certain nombre de refus à l’égard du pouvoir central et des velléités des gouvernements de l’Afrique Orientale et des grands Lacs pour espérer, se forger une IDENTITE, se façonner une image de respectabilité. Il s’agit, notamment, de refus suivants : - Refus d’un STATUT de PROCONSULAT qui fait jouer aux personnalités politiques du KIVU un rôle auxiliaire, voire ancillaire. - Refus des certaines mesures fiscales arbitraires transférant à la Direction Générale des Impôts les dossiers fiscaux de certaines entreprises privées au-dessus d’un chiffre d’affaires donné - Refus de devoir partir pour Kinshasa afin d’obtenir des documents administratifs (passeports, permis de conduite, cartes de séjour,…) - Refus d’assister à la nomination des Hauts Fonctionnaires nationaux ou internationaux, diplomates et experts dont les fonctions ont un lien direct avec le KIVU sans qu’il y ait un seul ressortissant, de haut rang, originaire du KIVU. - Refus du diktat de la langue française dans l’expression du politique et dans la rédaction des documents administratifs - Refus de la mort lente des langues ethno-tribales coincées entre le « marteau » des langues coloniales et « l’enclume » que sont les langues nationales auto-proclamées (Kikongo, Lingala, Swahili, Tshiluba, etc) De ces refus encore sommaires et schématiques, naîtront l’envie et la nécessité d’adopter quelques attitudes nouvelles, innovatrices. B. ATTITUDES NOUVELLES, INNOVATRICES Le destin des identités ethno-tribales du KIVU sera déterminé par le poids qu’il aura sur la scène tant nationale que régionale. Au regard des refus qu’il faudra, nécessairement, adopter, il conviendra, dès lors, d’arborer certaines attitudes innovatrices que j’énumérerai, schématiquement, comme suit : - Ouverture des économies et des mentalités aux économies et aux mentalités des pays qui entourent le KIVU (Uganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zambie) - Création de Centre de Recherches et d’Etudes à caractère pluridisciplinaire ou spécialisé dont les thématiques portent sur les aspects de la vie politique, économique, sociale, technique ou technologique des pays voisins du KIVU. - Suppression des barrières douanières et des protocoles liés à l’immigration entre le KIVU et les Pays à la frontière du KIVU - Harmonisation des concepts politiques, économiques et scientifiques SWAHILI avec ceux des pays voisins - Prééminence du KISWAHILI dans l’expression du POLITIQUE et dans la définition des politiques et pratiques économiques ayant un impact sur la scène régionale - Bilinguisme intégral (français, anglais), maîtrise du SWAHILI et d’une langue ethno-tribale pour tout recrutement des cadres supérieurs s’occupant de questions ayant un lien direct avec le KIVU - Echanges universitaires poussés entre les Universités du KIVU et celles de Dar es Salaam, Nairobi, Makerere, Butare et Bujumbura - Création d’une CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU KIVU ayant des liens directs avec ses homologues de la Tanzanie, du KENYA, de l’Uganda, du Rwanda, du Burundi et de la Zambie On remarque ainsi que les impératifs de la géographie sur les destins politiques et économiques des identités ethno-tribales que le KIVU synthétise doivent permettre aux élites, aux politiques et aux bourgeoisies bureaucratico-administratives de repenser le KIVU, de l’inventer. Les enjeux sont de taille, les problèmes réels et les dangers imminents. Il faut, absolument, éviter le « carybde » de la submersion économique et le « Scylla » de la soumission politique. Faire un saut qualitatif dans la pensée et la pratique, faisant passer le KIVU de la CEPGL à la Communauté Economique de Pays de la Ruzizi, permettra au CONGO, Rwanda et Burundi d’intégrer les spécificités, particularités et singularités de la « Province-Etat » qu’est le KIVU dans un ensemble régional aux lendemains qui chantent.

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24 novembre 2008

Quelle Commnunauté autour du Kivu, de la Ruzizi et du Tanganyika?

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Un regard kivuscopique sur les Grands Lacs

Posté par essybuhendwa à 05:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]